Language choice

Blog de Katherine Pancol

BlaBlaBlog

London, Louis Jouvet, Paul-Emile Victor et Victor Hugo !

Ça y est ! Je suis revenue de London où j'ai vu mes deux petits !
Ça fait tout drôle de voir ses enfants devenir adultes. Pour moi, ils sont encore mes "bébés" et je les vois vivre en indépendants ! Et dans une autre langue, en plus !
En deux mois, ils sont devenus totalement bilingues...
Ça va vite à cet âge-là !

Dieu que la vie est chère à Londres !
Un exemple : ma fille partage un appartement avec une copine. Un petit deux pièces dans un quartier pourri (pourri mais sympa !!). Deux chambres et une cuisine dans un immeuble qui ressemble furieusement à un squat... hé bien, elle paie 1300 euros par mois ! Et sans les charges ! Résultat des courses : elle court de petits boulots en petits boulots, allume une seule ampoule, peste contre le métro toujours en panne et les bananes hors de prix ! Les légumes et les fruits sont au prix du caviar russe et quand j'ai eu l'audace d'attraper une banane sur la table de la cuisine, elle s'est exclamée "mais Maman, c'est LA banane de Lola !" Comme si j'avais rapté un menu complet !
Un ticket de métro deux zones pour UNE journée : sept euros !
J'arrête là parce que sinon je vais vous donner le tournis !
Alors c'est vrai que les salaires sont plus élevés qu'en France mais quand même...
Il en faut des petits boulots pour joindre les deux bouts et ma fille vire à l'anémique fantôme !
Cela dit, à 20 ans, je faisais la même chose à Lausanne et mon budget bouffe à partir du 15 du mois se limitait à 50 francs ! Je mangeais des pâtes et des fromages car cela remplissait bien et j'ai survécu. Bourrée de boutons, mais en vie ! On appelle ça l'école de la vie et elle est pas mal aussi !

Il faisait beau, j'étais arrivée avec des Tupperware de plats délicieux, des litres de bon vin rouge, des fromages, du bon pain, des saucissons, des paquets de riz complet, (plein de vitamines !!), des Fervex, de l'aspirine, de l'homéoplasmine, des romans de Balzac (pour qu'ils n'oublient pas le français !!). Le coffre de la voiture ressemblait à une épicerie et j'ai distribué mes victuailles aux affamés !

On est allé voir une belle expo sur Louise Bourgeois à la New Tate Gallery, on a marché le long de la Tamise, diné dans des petits restos italiens ou indiens (les seuls abordables !), on a traîné aux Puces, traîné dans un club de jazz et on a papoté comme des fous !
J'ai commencé à prendre des notes pour un prochain livre...

C'est incroyable d'ailleurs ! Je m'étais dit : je me donne trois mois de vacances, je ne fais rien, je répare ma scoliose, j'aère mes poumons, je dors, je dîne, je lambine... Hé bien, au bout de quatre semaines, l'envie d'écrire revient au galop ! C'est plus fort que moi, c'est l'impatience de la vie qui reprend le dessus et me donne envie de l'épingler !

À propos de la vie, une lectrice m'a envoyé une très belle phrase de Paul-Emile Victor :
"Vivre, c'est se réveiller la nuit dans l'impatience du jour à venir, c'est s'émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c'est avoir des insomnies de joie."
Je la trouve magnifique, cette phrase !

Elle provoque en moi une poussée de nostalgie. Je me dis "il y eut un temps où on pouvait se réveiller impatient que le jour arrive..." Afin de faire quelque chose de beau, de grand, de surprenant. Aujourd'hui, j'ai l'impression que tout le monde s'emploie à faire du "laid", du "violent" et je me sens comme une petite tortue réfugiée sous sa carapace !!

Enfin...
Je ne vais pas radoter...

La petite tortue, je vous le rappelle, signera LE SAMEDI 24 NOVEMBRE à la mairie du XVI eme arrondissement.
J'ai demandé l'adresse exacte pour vous faciliter la tâche :
71 avenue Henri Martin, métro : rue de la Pompe...
À PARTIR DE 14 HEURES 30...

Sinon, vous me demandez beaucoup ce que je lis en ce moment...
Je lis toujours "Splendeurs et misères des courtisanes" mais j'ai entrepris aussi un livre sur le théâtre de Louis Jouvet , "Réflexions du Comédien", trouvé à la FNAC et je dois dire que je me régale... C'est drôle, intelligent, érudit et simple comme une manche de chemise !
Exemple : à un moment, Jouvet se demande si on peut être pour ou contre Victor Hugo tellement il a été à la fois encensé et décrié, certains disant qu'il était géant d'autres affirmant qu'il était juste c.. Alors Jouvet s'insurge et dit "La question n'est pas là. Personne ne songerait à vous demander : - Êtes vous pour ou contre le Mont Blanc ? - Le Mont Blanc existe, voilà tout !"

Et je trouve qu'il y a plein de choses et de gens à qui on pourrait appliquer cette dialectique. Ils existent voilà tout et il n'y a rien à faire tellement ils sont évidents, qu'on aime ou qu'on n'aime pas !

Hasta luego, amigos !

Faire rien... ou Farniente !

Ce que je fais en ce moment ? RIEN.
Je suis une bulle qui bulle et bulle et bulle.
Un bubble-gum rose et réjoui !

Ne rien faire ! Mais c'est un art, finalement. Il ne faut pas laisser le temps passer sans le remplir un peu parce que sinon, à la fin de la journée, on est écoeuré comme si on avait trop mangé ! C'est bizarre...

Alors je marche beaucoup...
Avec le chien Chaussette qui est enchanté de ce nouvel emploi du temps consacré au déroulement de ses quatre pattes légèrement ankylosées quand j'écrivais, j'écrivais...

Et j'essaie d'analyser le bonheur de ne rien faire...
Exemple (j'adore donner des exemples concrets !) : l'autre jour, j'avais un rendez-vous pour déjeuner à l'autre bout de Paris. C'était une de ces matinées enchantées où le soleil pointe juste ce qu'il faut pour nimber l'atmosphère d'une chaleur un peu froide mais douce qui réchauffe la pierre jaune des immeubles parisiens... J'étais dans l'autobus. j'avais mon téléphone-radio dans l'oreille et j'écoutais Radio Classique, bien au chaud dans mon autobus qui m'emmenait au Trocadéro, le long de la Seine, au pied de la Tour Eiffel, sur le Champ de Mars et je me disais " c'est ça, le bonheur, cette harmonie parfaite entre le soleil, la musique, Paris et le sentiment d'avoir bien travaillé et d'avoir rendu ma copie !" Je profitais, je ronronnais dans l'autobus, j'avais envie de sourire aux passagers, de chantonner ma petite musique dans la tête, de la faire passer à tous les gens grogons assis autour de moi... La vie est belle, la vie est belle ! D'ailleurs, parfois, quand ce sentiment de bonheur minuscule parfait m'étreint, je chantonne dans la rue, esquisse trois entrechats et me moque éperdument du regard des frileux étonnés par tant de joie de vivre !
Donc je savoure les petits moments de bonheur...
Je lis le grand Balzac ("Splendeurs et misères des courtisanes" !). Je l'ai acheté exprès en livre de poche pour l'emporter partout avec moi... Je redécouvre l'état où j'étais quand je l'ai lu la première fois et cela me fait drôle ! On ne lit jamais pareil. À 20 ans, 30 ans, 40 ans... ( Je m'arrête là !!!). À chaque fois, on voit des choses différentes et c'est un délice renouvelé !

Je prends le temps de tout regarder, de tout observer, je m'arrête pour parler avec une dame qui a perdu son chien ou une autre qui mange un bout de baguette chaude en parlant de l'autre baguette pas chaude de l'autre boulanger ! Ah ! La place de la nourriture en France !
Et la semaine prochaine, je pars voir mes petits in England ! Le coffre plein de victuailles, de petits plats cuisinés, de chaussettes chaudes, de moufles, de bonnets, de gros pulls, de bons pains complets, de miel, de confitures ! Ils sont affamés car pas encore habitués à la médiocrité de la nourriture anglaise ! Et frigorifiés car là-bas, on chauffe peu !
On va se retrouver tous à London ! Aller au théâtre, au ciné, traîner dans de petits salons de thé, se parler, se toucher le nez, se manger les oreillles, retrouver nos rites et nos phrases sacrées : "qu'est ce que tu fous à Brique ?" pour "qu'est ce que tu fabriques ?"...

Autre chose : le samedi 24 novembre, je fais une signature à la mairie du XVI eme arrondissement de 14 heures 30 à 18 heures. Alors si vous voulez venir me serrer la pince, vous êtes les bienvenus ! Et on pourrait même aller boire un petit café après... Histoire de faire connaissance et de se toucher le nez !

Allez, je vous quitte, le chien Chaussette est allé chercher sa laisse et me montre la direction de la porte en grognant. Il faut sortir ! Aller écouter Mozart et Brahms dehors pendant qu'il arrose, tous les dix centimètres, le pavé de Paris !

Le grand canapé rouge...

Hé oui ! C'est toujours comme ça. Je crois que j'ai fini, que je suis libre comme l'air, je me serre la main, me félicite "Well done, Katherine ! À nous deux, la vie !" quand, sournoisement, cela revient. Ça me gratouille, ça me chatouille, c'est un mot que je change, une phrase que j'enlève, un feuillet que je taille, une scène que j'ajoute et la salive revient et je reprends goût aux heures passées dans le grand canapé rouge à musarder sur le manuscrit avec mon crayon et ma gomme et après, le dos bien droit sur l'ordinateur, à reporter les corrections...
Je crois bien qu'il va falloir que l'éditeur arrive avec deux déménageurs pour m'enlever l'ENORME tas du manuscrit ! Hi ! Hi ! Hi ! Parce qu'il n'a pas vraiment maigri. Il est comme nous autres, il promet de se mettre au régime lundi...

Sinon.. Je sors quand même. Faut pas exagérer, je mets le nez dehors (avant j'hibernais carrément...) Je suis allée voir le dernier film de Cronenberg, "Eastern Promises", et j'ai bien aimé sans être emballée comme je l'avais été par "History of violence", j'ai fait la tournée des restaurants trois étoiles avec une amie américaine qui est critique gastronomique ! C'était génial ! Que des menus délicieux à se répandre en gémissant de plaisir avec des vins et des champagnes et des plats d'un raffinement ! Je crois qu'il n'y a AUCUN pays au monde qui honore si bien les arts de la table. D'ailleurs mes deux chérubins, en Angleterre, ne me réclament ni des sous ni des mitaines mais "du bon fromage, maman, du bon jambon, du bon beurre de Normandie, du bon saucisson, une bonne bouteille de bon vin, du bon thé !" et je souris comme une chatte gourmande devant le goût aiguisé de ma progéniture.

Et puis il y a les soirées rugby ! Le soir où on a battu les All Black, ce fut du délire. On devait être une quinzaine devant la télévision et le parquet tremblait à chaque action comme si le pack était dans le salon. Samedi, c'est une autre rencontre, avec la perfide Albion. L'Anglais est sournois et mauvais joueur et je croise les doigts...

Sinon... le chien Chaussette poursuit ses expéditions punitives sur les rideaux et chaque drapé repose désormais dans une bassine d'eau ! Cela donne un petit air surréaliste à l'appartement et c'est pittoresque. Je crois que c'est le chagrin qui le fait déborder parce qu'il continue à chercher les enfants et tourne en rond dans leurs chambres, la truffe scotchée au sol. Je ne sais pas combien de temps cela dure les peines d'amour d'un cairn-terrier mais j'aimerais bien que cela ne dure pas trop longtemps. Le pire, c'est qu'il va falloir changer tous les rideaux quand il aura fini de soupirer et d'inonder ! Ou en faire des stores vénitiens !

Ah oui ! Un dernier truc ! Je suis tombée raide dingue du CD de Sean Lennon ( le fils de ... !), je le passe en boucle sur mon ordinateur. Il y a une chanson qu'il chante avec Matthieu Chédid qui est carrément enivrante ! Elle s'appelle "L'éclipse". Rien que pour elle, j'ai bondi hors du canapé rouge et foncé à la FNAC !
Et une autre encore qui s'appelle Parachute et qui fait planer !

Bon, vous voyez bien que je me gratte la cervelle pour vous donner des nouvelles et que je n'ai qu'une seule envie : plonger dans le grand canapé rouge et retrouver mes personnages ! C'est fou, ce lien avec eux ! Un exemple : hier, j'allais chercher le diplôme de bac de mon fils dans son école (il fallait le retirer avant le 12 novembre) et donc je marchais dans la rue et je me disais zut ! je ne porte pas le même nom de famille que lui et si ça se trouve, on ne va pas vouloir me donner son dipôme, j'aurais du prendre le livret de famille, et zut et rezut ! va falloir que j'y retourne et je râlais, je râlais en marchant. Alors je me suis dit "pour prouver que tu es bien la mère et que c'est bien ton fils, tu vas leur donner des noms de profs de ton fils..." Hé bien ! Incapable de me souvenir des noms des profs de mon fils ! Ce qui me venait à l'esprit, c'était le nom des profs de Zoé, la fille de Joséphine !
J'enrageais. Je me disais "mais enfin ! sors du bouquin, t'es dans ta vie, là ! fais un effort !" Rien ne revenait... J'étais "ailleurs" dans "La valse lente des tortues". Et c'est ce qui est le plus éprouvant quand on écrit. Parfois on ne sait plus où on est, on repousse le réel parce qu'on est si bien dans la fiction...

Heureusement qu'il y a le gros canapé rouge pour faire le lien ! C'est comme dans Alice au pays des merveilles...

Je vous salue bien bas et retourne m'y vautrer !

TVA sur la mauvaise humeur...

Cette nuit, j'ai fini à six heures du matin...
Exsangue, éperdue, étonnée !
Tout relu et relu et relu. Je trouve toujours des corrections à faire, des détails qui font tache et qu'il faut ajuster ! Quel travail ! Douze heures par jour sur le métier à remettre mon ouvrage ! Plus de temps pour le reste...
Mais ce matin, le manuscrit est parti à la composition. Des correcteurs vont le relire, un crayon à la main, peser chaque mot, traquer l'invraisemblance, la faute de français, les redites... Et il faudra tout reprendre à nouveau.
Un livre n'est jamais fini. On veut toujours le corriger, l'améliorer. On aperçoit un ourlet défait, une pince ouverte, une longueur qui gondole...
Ma grand-mère paternelle était couturière et il m'arrive de penser à elle quand je reprends cent mille fois le manuscrit. Elle s'appelait Marguerite et était intraitable. Elle habillait les jeunes filles de bonne famille d'Aix en Provence... Et c'est ainsi qu'elle mariait ses fils !
Elle disait qu'une robe devait être évidente. Apparaître comme par enchantement, ne rien révéler des longues heures de travail qui l'avaient précédée. Elle disait que c'était la moindre des politesses.
Hé bien, il y a de la couture dans un manuscrit ! Le livre doit couler, enchanter, poser des pépites de pensée, mine de rien, courir, courir et soulever des questions, des espoirs, des débuts de solution. De manière invisible !
Proust affirmait qu'un livre qui affichait des théories était comme un cadeau sur lequel on aurait laissé le prix !

Sinon je porte le deuil de l'équipe de France de rugby. J'étais si triste, si désemparée, si impuissante devant cette équipe qui ne joue bien que lorsqu'on la conspue ! C'est fou ce que les Français aiment la fange ! Ils s'y roulent, enchantés, et dès que pointent les lauriers, ils se débinent ! Le succès effraie. La polémique ravit.

Tout est problème. Entendez-vous les cris d'hystérie que provoque ce pauvre Guy Moquet ! On ne parle plus que de lui, on se réunit, on s'empoigne, on se crêpe le chignon, on ergote ! Que d'énergie perdue ! Et si au lieu de râler, on riait, on éclatait de rire, on se décrochait les mâchoires, on irradiait la planète de bonne humeur...

J'ai un rémède infaillible pour redresser le budget de la France : une taxe sur la mauvaise humeur ! Les caisses de l'Etat se rempliraient aussitôt et il n'y aurait plus de trace de déficit...
On ne fait pas, on discute et à force de discuter, on perd la tête et on s'égare. Pendant ce temps, le monde tourne, tourne...
Bon, j'arrête de râler sinon je vais être taxée, moi aussi !

Ps : Vous connaissez la dernière du chien Chaussette ?
Un lecteur adorable m'a envoyé une tortue en peluche. Une belle tortue plus vraie que nature. Je l'ai posée sur le parquet près de la cheminée et baptisée Sidonie. Hé bien ! Le chien Chaussette se tapit face à Sidonie et grogne, grogne, montre les dents, racle le sol, fait des ronds autour d'elle, s'élance pour l'aplatir, se retient... Elle ne bouge pas ! Il ne lui fait donc pas peur ? Quelle force d'âme, cette chélonienne ! Elle doit être redoutable... Alors il se replie, se roule face à sa carapace, gémit "tu veux être mon amie ?" Elle ne moufte pas, il s'énerve et reprend sa danse de guerrier devant la tortue placide !
ET IL DÉLAISSE MES RIDEAUX ! J'ai retiré les bassines d'eau...



Grasses matinées...

Ma vie est devenue une grasse matinée !
Plus d'enfants ! Plus de roman à enfourcher chaque matin et à chevaucher pendant de longues heures ! Plus de lever matinal, de petit déjeuner à préparer, de qu'est-ce quon va manger, ce soir ? de Maman, tu peux faire ci, Maman, tu peux faire ça ? T'as pas vu mon ticheurte, t'as pas vu mes chaussette ? Plus rien ! De la grasse matinée en veux-tu en voilà ! Rien que le chien Chaussette à nourrir une fois par jour (toujours le même menu) et à promener en le gardant à l'oeil, mais d'un oeil bienveillant et distrait. Lui aussi est grand maintenant...
Des piles de livres à lire, des copains et des copines à voir, des dîners dans la cuisine à refaire le monde, de la musique à écouter, des films et des films à rattraper...
Tiens, cela me fait penser que je suis allée voir un film absolument superbe l'autre soir. Il n'est pas encore sorti, mais ne va pas tarder. Il s'appelle "La nuit nous appartient" et le metteur en scène est James Gray. Celui qui avait réalisé "Little Odessa" et The yards". Deux films que j'avais beaucoup aimés...
Mais celui-là est estupéfiant ! L'histoire de deux frères, l'un appartient au milieu louche de la nuit, l'autre est flic. Le papa est super flic. C'est l'histoire des familles qu'on choisit (ou pas), du choix qu'on ne peut pas éviter de faire si on veut donner un sens à sa vie, du prix à payer, de la fidélité, de l'engagement, du poids de l'engagement, de l'amour face à cet engagement...
Les deux acteurs sont juste excellents (Joachim Phoenix, Mark Wahlberg), la fille bombina torrida (Eva Mendès). Et il y a celui que j'aime par dessus tout : le vétéran Robert Duvall qui, lui, est immense !
La première scène du film est torride. On se tord de plaisir sur son siège, mais ce n'est pas crado, c'est enfièvré, emportant, trépidant.
En un mot : j'ai aimé.
J'ai encore deux ou trois films que je vais aller voir en projection et dont je vous parlerai parce que d'après la rumeur (the buzz, comme on dit maintenant !!) ils sont très bien... Dont le dernier Cronenberg (celui qui avait réalisé l'ébouriffant "History of violence")
Et puis je marche dans Paris..
J'avais oublié combien Paris vous coupe le souffle de beauté.
J'achète des livres. Des croissants. J'espionne les gens, je ramasse des notes pour un prochain roman ! Je passe des journées de grasse matinée. Et c'est bon ! Mais c'est bon !
Je pensais qu'après le départ des kids, le départ du roman (14 personnages qui s'envolent d'un coup, ça fait un vide !), je serais triste et déprimée, j'errerais telle lady Macbeth sur les remparts de mon appartement vide, vide... Hé bien ! Non ! je reprends ma vie de jeune fille où je l'avais laissée : du charme, de l'imprévu, des repas au resto, des soirs à se coucher tard car le matin, je peux dormir, dormir !
Un rêve !
Bon, je triche un peu. Parce qu'au roman, j'y retourne. J'essaie de faire des coupes, de le forcer à maigrir. Mais comme lorsque je coupe d'un côté, je rajoute de l'autre, le pauvre ne sait plus sur quel pied danser !
Et puis les enfants, je leur maile, je leur parle au téléphone, je leur tiens la main de loin...
Ils écrivent leurs premiers devoirs en anglais, découvrent les joies du climat humide et froid, du thé anglais, de la délicieuse hospitalité anglaise, et les joies aussi de l'enseignement universitaire plus libre, plus ouvert que celui auquel ils étaient habitués. En un mot, je vais vous dire : ils sont heureux, je suis heureuse...
Y a que le chien Chaussette qui est désemparé. Il pisse sur les rideaux pour montrer sa désapprobation. Les rideaux des chambres des enfants qui sont partis... Il n'est pas d'accord, lui, et le prouve.
Les rideaux trempent dans des bassines d'eau pour le décourager et les débarrasser de l'odeur tenace et il ne sait plus quel morceau de territoire inonder pour signer sa colère !
Quel drôle de chien !
Alors il se replie dans son panier et fait... la grasse matinée !