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Blog de Katherine Pancol

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NORMANDE !!!

Hé ! Hé ! Je suis en Normandie et c'est le grand bonheur !
Je suis dans mon village perdu au bord des flots…
Un village de 20 habitants l'hiver et 200 l'été !
À Pâques, on frôle les 75 !
Enfin, le dimanche et le lundi, parce que, après, y a plus personne !
En plus, ce n'est pas dans la Normandie chic (Deauville-Trouville-Honfleur-Cabourg), c'est dans la Normandie sauvage. La vraie, celle de Maupassant, de Flaubert, de Louis Bouilhet, d'Alfred Le Poitevin, de Cany, d'Yvetot, de Fécamp.
Le triangle des Normudes.
Les Normandes ont la "coupe" normande (nuque rasée, cheveux en brosse), le bourrelet crème fraîche, les Normands ont la couperose brique et parlent en supprimant le pronom personnel : "fait beau", "est cher", "dis pas non, dis pas oui".

Il fait beau, il fait chaud, on mange des bulots et on regarde la mer qui monte et qui descend. On n'est pas déçu : elle monte et elle descend tout le temps. Le chien Chaussette et moi, on ne s'en lasse pas. Enfin, le chien Chaussette la regarde de loin parce qu'il s'en méfie, moi, je nargue les vaguelettes et m'entraîne à faire des ricochets.

Vous avez remarqué que je change le texte tout le temps, maintenant ? C'est parce que j'ai un accès direct à mon site ! Avant, il fallait que je passe par trois personnes avant de faire le moindre changement. Aujourd'hui, c'est facile : j'écris et j'appuie sur un bouton…
Je suis grisée !

Dans douze jours, on vote et c'est de plus en plus la foire d'empoigne à tous les étages. Je connais des familles où on a interdit de parler politique tellement on a peur que ça dégénère ! Tout le monde finit par dire n'importe quoi et bientôt, y aura un lobby des poissons rouges qu'on ira interroger avec le plus grand sérieux !
D'ailleurs, le chien Chaussette pense se présenter…
Ça m'arrangerait bien : je saurai enfin pour qui voter !

Ce matin, je suis allée au marché : poisson frais, fromages exquis, laitues, kiwis, tomates, petites pommes de terre avec du goût… Que du bonheur ! Et je disais à mon fils (qui révise son bac, crée en 1808 par Napoléon !) tu vois, même si on est rayé de la carte par les Chinois et les Indiens, la France restera le pays des cent mille fromages, des sauces à la tomate et à l'ail, des poissons cuits dans le four et pas rectangulaires, du toit de chaume et du petit vin de Loire ! Ça m'a réconfortée et je vais me remettre à travailler plus légère !

Je vous présente le chien Chaussette !

Voici, Chaussette !
Le chien le plus indépendant, le plus têtu, le plus joyeux, le plus fidèle de tous les chiens répertoriés dans l'encyclopédie "Chien" !
La photo n'est pas terrible, mais on peut saisir la vivacité de son oeil !

Une fille, un livre !

Je suis de plus en plus fan de Laure Manaudou.
Scotchée à ma télé pour tenter d'apercevoir le bout de son bonnet dans les lignes chlorées de Melbourne.
Je voudrais que ces championnats durent toujours, qu'elle s'attaque à tous les records. J'irais près du bassin la chronométrer !

Sinon, j'ai lu UN livre ! D'habitude, quand j'écris, je ne lis jamais. Ou des bouts de des bouts de poèmes, des bouts de romans que j'ai lus cent fois, et même des bouts de prospectus de dentifrice ou de chaîne Hi-fi.
Je suis comme Laure, concentrée genre barre de fer, sur mon ouvrage et personne ne peut m'approcher. Sinon je dégaine et assomme !
Impossible de me distraire, impossible de lire ou alors lors d'un long, long voyage en train.
Or ne voilà ty pas que l'autre soir, j'attrape un livre au hasard sur la pile qui vacille près de mon lit.
Une belle couverture, un beau titre "Des filles qui dansent" (éditions Albin Michel) et je me lance Je me dis je vais lire une demi-heure juste avant de m'endormir.
Il devait être 23h35 et je me félicitais de me coucher si tôt.
RATÉ !
Quatre heures plus tard, je lisais toujours, enchantée par la langue de Stéphane Hoffmann, son humour, son écriture simple, belle, drôle, élégante, sa description d'un milieu de méchants et doux Français dans la région de La Baule.

C'est l'histoire de
Je déteste raconter l'histoire d'un roman parce qu'un bon roman, ce n'est pas UNE histoire mais UN style.
Je préfère donner des envies de lire.
Alors, je vous offre, pour vous appâter les premières phrases :

"Je suis né maigre et je n'ai pas pleuré. Si j'avais eu des dents, je les aurais serrées. Si j'avais su ce qui m'attendait.
Ce qui m'attendait ? Rien, justement. Ni personne. Mon père ? Un ouvrier. Comme mon frère, quoi qu'il en dise. Ma mère travaille à la Poste. Et ma sur roule en mobylette".

À ce stade, vous vous demandez si vous n'allez pas vous lever pour aller chercher votre porte-monnaie
Alors, je continue, avec le frère du narrateur

"Et Jacky prend son air.
Un jour, on le croise avec une fille. Le dimanche d'après, il vient avec. Pas mal, dans le genre décoratif. La voix un peu forte, un vrai carillon. À table, quand elle demande le sel, tout le monde sursaute, les vitres tremblent, le chien aboie dans le jardin, les lapins s'agitent dans les clapiers. Jacky nous l'a amenée comme, au printemps, il nous a montré sa R8. Sans plus. Pour avoir la paix. Ah ! mais pardon, c'est qu'on en parle dès le dessert :
- Alors, c'est pour quand la noce ?
Tête de mon frère. La Marie Caroline se dandine, glousse qu'elle n'a pas encore eu sa demande.
- Bah ! T'en fais pas, ma jolie, dit mon père en se levant pour chercher le kirsch. Chez nous, on est des hommes d'honneur, on laisse jamais les belles jeunes filles dans l'embarras. Pas vrai, maman ?
Ma mère regarde Jacky d'un air attendri. Si elle pense à quelque chose, c'est à la robe qu'elle mettra le jour du mariage. Et si mon frère pense à quelque chose, c'est qu'il vient de se faire baiser bien profond."

Il y a donc le père, la mère, le frère et le narrateur d'un côté.
Et la haute bourgeoisie locale de l'autre.
Au milieu : Roméo et Juliette qui essaient de ne pas se noyer.
Stéphane Hoffmann réussit le tour de force de nous raconter l'éternel histoire d'un garçon qui rencontre une fille en y mettant de l'humour, du style, des émotions et de l'air iodé !
La lutte des classes sur le sable bien élevé d'une plage bretonne.
De temps en temps, c'est Pagnol, puis Dallas, puis Pagnol again, un petit tour chez Giono, un autre du côté de Salinger et de l'Attrape-curs Ça se veut léger parce que l'auteur est bien élevé et planque ses messages sous de beaux coquillages, mais ça vous prend aux tripes.
Bref, vous commencez tranquille à onze heures 35, à quatre heures et demie du matin, vous ne dormez pas et vous ne dormirez plus !

Encore un petit morceau de gâteau pour le dessert :

"Pendant le déjeuner, elle n'a pas cessé de parler. Comme je ne savais pas quoi dire, je lui ai juste demandé ce qu'elle voulait faire de sa vie. Comme ça. Pour voir. Ça m'intéresse toujours : l'ambition de nous organiser une vie à nous, je ne vois que ça pour nous différencier des animaux, nous les hommes. Une vache ne veut pas sortir de sa condition, un tigre non plus. Un homme, oui. Du moins un homme comme je l'entends : faire mieux, faire plus, faire autre chose. Essayer, au moins. Mon père se hait de n'avoir pas essayé. Mon frère a essayé avant de se faire rattraper par sa bonne femme. Ma mère n'essaie rien, peut-être parce qu'elle est belle et qu'elle ne voit pas ce qu'elle pourrait faire de mieux que sa beauté. Moi, j'ai réussi le plus dur : partir de chez moi".

Ce n'est pas un résumé de la condition humaine, ces lignes ?

My heart belongs to GB...

Vous savez quoi ? En ce moment, je travaille tellement qu'il m'arrive, certains soirs, d'avoir la tête qui grésille ! Ça fait le bruit d'une ampoule juste avant qu'elle ne pète !
Si, si. Ça crépite dans les hémisphères et je deviens zombie. Je ne sais plus où est ma gauche et ma droite, comment on écrit amertume, la mer en bas à droite en France c'est quoi son nom déjà ?, Bush est-il un arbuste ou un Président et la cerise griotte elle est vert pomme ou rouge foncé ?
Ça grésille tellement que j'arrête et vais me promener avec le chien Chaussette !
Ou plutôt je titube avec le chien Chaussette !
Cela dit, j'ai fait un break, cette semaine. 24 heures loin de mes personnages chéris (j'en suis, je vous l'annonce à la page 476 et ça se corse drôlement !)

Je suis allée à Londres parce que ma fille, (ma beauté-mon amour-ma princesse) va aller faire ses études là-bas l'année prochaine. Et je dois vous dire un truc : si, avant je n'aimais pas trop Londres (trop grand, trop gris, trop triste !) depuis quelque temps, je me prends à aimer beaucoup cette ville et ses habitants ! D'abord les gens sont GENTILS. Ils ne vous aboient pas à la tronche, ne vous claquent pas le portillon du métro au nez, vous demandent si vous avez besoin d'un renseignement alors que vous êtes plantée devant le plan du "tube" et que vous pigez que dalle, vous sourient dans les salons de thé, dans les grands magasins, bref là-bas, les gens ont l'air HEUREUX ! Ou s'ils ne le sont pas, ils cachent bien leur jeu et sont juste bien-élevés.

Quand ma fille-ma beauté-mon amour s'est présentée à des entretiens avant d'être prise dans LES PLUS GRANDES UNIVERSITÉS (je sais, je sais, je suis légèrement dithyrambique comme mère !), on lui a demandé ce qu'elle voulait faire, comment elle comptait s'épanouir, comment ils pouvaient l'aider et que pensait-elle de Cervantès et de Shakespeare ? Elle a pu parler en tête à tête avec des profs sans se prendre la tête ! Les profs sont là pour enseigner, mais aussi aider, aiguiller, ils sont disponibles et ne sont pas des dieux posés sur leur podium !

Ensuite, ils ont un système dont on ferait bien de s'inspirer. C'est 3000 livres par an de scolarité (environ 4500 euros) MAIS les frais sont avancés tant que l'étudiant ne gagne pas sa vie et il commence à rembourser dès qu'il gagne au moins 15 000 livres par an (soit grosso grosso 24 000 euros) Pas mal, non ? Ce qui fait que TOUT le monde peut faire des études avec de très bons profs bien payés, détendus et heureux. On pourrait s'en inspirer un peu ici, non ? Au lieu de faire soit des universités parking soit des écoles préparatoires spartiates et réservées à une élite !
Bon, je disais ça comme ça. Je ne suis pas ministre. Me semble juste une question de bon sens !
C'est que, en ce moment

Je suis en colère contre la France et les Français. Je n'aime pas ce que devient notre pays, il rétrécit, devient mesquin, envieux, haineux. Le panache blanc de Cyrano est devenu un vieux Kleenex usé.

Je n'aime pas cette campagne électorale au ras du gazon, cette question idiote de savoir s'il faut voter pour une fille ou un garçon !, ce déchaînement d'intérêts particuliers, cette atmosphère de renfermé. J'ai envie de souffle, d'air, d'espace ! Le pire, c'est que si on prend chaque Français en particulier, on le trouve grand, en foule le Français devient nain !
JE NE VEUX PAS DEVENIR UNE NAINE DANS LA FOULE !
Enfin, hier... J'avais envie de rester à Londres !

Mais je suis rentrée et je vais recommencer à faire tempête sous un crâne derrière mon ordinateur !

Vais peut-être aller respirer le bon air de Normandie et parler aux vaches grasses. Ça sera plus reposant que de les écouter tous à la radio ou à la télévision blablater pour nous convaincre de choisir quel vide nous préférons !

Ou comme me l'écrit une lectrice inspirée, "de voter en tapant 1 ou 2 ou etc. sur notre portable pour élire le candidat qui gagnera le show de télé-réalité dont on nous bassine quotidiennement."
Ah ! Heureusement que vous êtes là, avec vos mails, je me sens comme dans le métro à Londres : entourée !

Être blonde !

Être Blonde !


Salon du Livre. Dimanche 25 mars. Vous êtes venus nombreuses et nombreux un an après la sortie des Crocodiles ! Et j'ai été émue, émue, émue ! D'ailleurs, au début, j'étais toute rouge et transpirais d'émotion !
Oups !
Surtout que j'étais un peu en retard : j'avais regardé à la télé Laure Manaudou en Australie. Je suis fan. Ah ! sa moue de déception quand elle s'aperçoit en arrivant qu'elle n'est QUE première de la course et qu'elle n'a pas pulvérisé le record du monde ! Je me la serais repassée en boucle, cette moue.
Alors, hier, au salon du livre, une lectrice m'a scotchée !
Je vous raconte.
Elle s'approche avec les "Crocodiles" et me dit que c'est le premier livre de moi qu'elle lit parce qu'avant, elle avait une image de moi "gnian-gnian" !
- Ah bon ! je lui dis.
Parfois, on me dit "féministe, insolente, hardie, peste, dure" mais gnian-gnian, j'avais jamais récolté.
Au demeurant, la dame était belle, charmante, avait l'air épanouie, vive, heureuse de vivre, bref une réclame de belle humeur et de bien dans sa peau.
Alors je me penche vers elle et lui demande :
- Mais pourquoi gnian-gnian ?
Elle réfléchit et, au bout d'un moment, me lâche avec un grand sourire :
- Peut-être parce que vous êtes blonde !
Ah !
Et là, elle soulève un éternel et monumental cliché : peut-on être écrivain ET blonde ? Peut-on avoir quelque chose à raconter ET être blonde ? Peut-on penser ET être blonde ?
Apparemment, c'est un handicap. Apparemment aussi, c'est dans l'inconscient collectif. UNE BLONDE EST STUPIDE.
Je devrais peut-être devenir brune. Ou rousse. Quoique rousse, ça peut être blond à Venise !
Après, je me suis demandé combien de clichés comme ça on avait dans la tête et j'en ai trouvé un paquet ! Y compris dans MA tête ! Peuplée de clichés !
Je ne vais pas vous les énumérer, mais ça fait des guirlandes ! Et ça nous pollue gravement. Ça nous empêche de penser.
Alors, je me suis dit que j'allais leur faire la guerre à ces clichés. Avec opiniâtreté !
Voilà, je m'arrête : y a Laure Manaudou à la télé ! Elle est en train de larguer toutes ces rivales dans les essais 1500 mètres nage libre. Et avec le sourire.
Mais, au fait, elle est blonde
Blond mouillé, mais blonde !