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Blog de Katherine Pancol

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Le grand canapé rouge...

Hé oui ! C'est toujours comme ça. Je crois que j'ai fini, que je suis libre comme l'air, je me serre la main, me félicite "Well done, Katherine ! À nous deux, la vie !" quand, sournoisement, cela revient. Ça me gratouille, ça me chatouille, c'est un mot que je change, une phrase que j'enlève, un feuillet que je taille, une scène que j'ajoute et la salive revient et je reprends goût aux heures passées dans le grand canapé rouge à musarder sur le manuscrit avec mon crayon et ma gomme et après, le dos bien droit sur l'ordinateur, à reporter les corrections...
Je crois bien qu'il va falloir que l'éditeur arrive avec deux déménageurs pour m'enlever l'ENORME tas du manuscrit ! Hi ! Hi ! Hi ! Parce qu'il n'a pas vraiment maigri. Il est comme nous autres, il promet de se mettre au régime lundi...

Sinon.. Je sors quand même. Faut pas exagérer, je mets le nez dehors (avant j'hibernais carrément...) Je suis allée voir le dernier film de Cronenberg, "Eastern Promises", et j'ai bien aimé sans être emballée comme je l'avais été par "History of violence", j'ai fait la tournée des restaurants trois étoiles avec une amie américaine qui est critique gastronomique ! C'était génial ! Que des menus délicieux à se répandre en gémissant de plaisir avec des vins et des champagnes et des plats d'un raffinement ! Je crois qu'il n'y a AUCUN pays au monde qui honore si bien les arts de la table. D'ailleurs mes deux chérubins, en Angleterre, ne me réclament ni des sous ni des mitaines mais "du bon fromage, maman, du bon jambon, du bon beurre de Normandie, du bon saucisson, une bonne bouteille de bon vin, du bon thé !" et je souris comme une chatte gourmande devant le goût aiguisé de ma progéniture.

Et puis il y a les soirées rugby ! Le soir où on a battu les All Black, ce fut du délire. On devait être une quinzaine devant la télévision et le parquet tremblait à chaque action comme si le pack était dans le salon. Samedi, c'est une autre rencontre, avec la perfide Albion. L'Anglais est sournois et mauvais joueur et je croise les doigts...

Sinon... le chien Chaussette poursuit ses expéditions punitives sur les rideaux et chaque drapé repose désormais dans une bassine d'eau ! Cela donne un petit air surréaliste à l'appartement et c'est pittoresque. Je crois que c'est le chagrin qui le fait déborder parce qu'il continue à chercher les enfants et tourne en rond dans leurs chambres, la truffe scotchée au sol. Je ne sais pas combien de temps cela dure les peines d'amour d'un cairn-terrier mais j'aimerais bien que cela ne dure pas trop longtemps. Le pire, c'est qu'il va falloir changer tous les rideaux quand il aura fini de soupirer et d'inonder ! Ou en faire des stores vénitiens !

Ah oui ! Un dernier truc ! Je suis tombée raide dingue du CD de Sean Lennon ( le fils de ... !), je le passe en boucle sur mon ordinateur. Il y a une chanson qu'il chante avec Matthieu Chédid qui est carrément enivrante ! Elle s'appelle "L'éclipse". Rien que pour elle, j'ai bondi hors du canapé rouge et foncé à la FNAC !
Et une autre encore qui s'appelle Parachute et qui fait planer !

Bon, vous voyez bien que je me gratte la cervelle pour vous donner des nouvelles et que je n'ai qu'une seule envie : plonger dans le grand canapé rouge et retrouver mes personnages ! C'est fou, ce lien avec eux ! Un exemple : hier, j'allais chercher le diplôme de bac de mon fils dans son école (il fallait le retirer avant le 12 novembre) et donc je marchais dans la rue et je me disais zut ! je ne porte pas le même nom de famille que lui et si ça se trouve, on ne va pas vouloir me donner son dipôme, j'aurais du prendre le livret de famille, et zut et rezut ! va falloir que j'y retourne et je râlais, je râlais en marchant. Alors je me suis dit "pour prouver que tu es bien la mère et que c'est bien ton fils, tu vas leur donner des noms de profs de ton fils..." Hé bien ! Incapable de me souvenir des noms des profs de mon fils ! Ce qui me venait à l'esprit, c'était le nom des profs de Zoé, la fille de Joséphine !
J'enrageais. Je me disais "mais enfin ! sors du bouquin, t'es dans ta vie, là ! fais un effort !" Rien ne revenait... J'étais "ailleurs" dans "La valse lente des tortues". Et c'est ce qui est le plus éprouvant quand on écrit. Parfois on ne sait plus où on est, on repousse le réel parce qu'on est si bien dans la fiction...

Heureusement qu'il y a le gros canapé rouge pour faire le lien ! C'est comme dans Alice au pays des merveilles...

Je vous salue bien bas et retourne m'y vautrer !

Grasses matinées...

Ma vie est devenue une grasse matinée !
Plus d'enfants ! Plus de roman à enfourcher chaque matin et à chevaucher pendant de longues heures ! Plus de lever matinal, de petit déjeuner à préparer, de qu'est-ce quon va manger, ce soir ? de Maman, tu peux faire ci, Maman, tu peux faire ça ? T'as pas vu mon ticheurte, t'as pas vu mes chaussette ? Plus rien ! De la grasse matinée en veux-tu en voilà ! Rien que le chien Chaussette à nourrir une fois par jour (toujours le même menu) et à promener en le gardant à l'oeil, mais d'un oeil bienveillant et distrait. Lui aussi est grand maintenant...
Des piles de livres à lire, des copains et des copines à voir, des dîners dans la cuisine à refaire le monde, de la musique à écouter, des films et des films à rattraper...
Tiens, cela me fait penser que je suis allée voir un film absolument superbe l'autre soir. Il n'est pas encore sorti, mais ne va pas tarder. Il s'appelle "La nuit nous appartient" et le metteur en scène est James Gray. Celui qui avait réalisé "Little Odessa" et The yards". Deux films que j'avais beaucoup aimés...
Mais celui-là est estupéfiant ! L'histoire de deux frères, l'un appartient au milieu louche de la nuit, l'autre est flic. Le papa est super flic. C'est l'histoire des familles qu'on choisit (ou pas), du choix qu'on ne peut pas éviter de faire si on veut donner un sens à sa vie, du prix à payer, de la fidélité, de l'engagement, du poids de l'engagement, de l'amour face à cet engagement...
Les deux acteurs sont juste excellents (Joachim Phoenix, Mark Wahlberg), la fille bombina torrida (Eva Mendès). Et il y a celui que j'aime par dessus tout : le vétéran Robert Duvall qui, lui, est immense !
La première scène du film est torride. On se tord de plaisir sur son siège, mais ce n'est pas crado, c'est enfièvré, emportant, trépidant.
En un mot : j'ai aimé.
J'ai encore deux ou trois films que je vais aller voir en projection et dont je vous parlerai parce que d'après la rumeur (the buzz, comme on dit maintenant !!) ils sont très bien... Dont le dernier Cronenberg (celui qui avait réalisé l'ébouriffant "History of violence")
Et puis je marche dans Paris..
J'avais oublié combien Paris vous coupe le souffle de beauté.
J'achète des livres. Des croissants. J'espionne les gens, je ramasse des notes pour un prochain roman ! Je passe des journées de grasse matinée. Et c'est bon ! Mais c'est bon !
Je pensais qu'après le départ des kids, le départ du roman (14 personnages qui s'envolent d'un coup, ça fait un vide !), je serais triste et déprimée, j'errerais telle lady Macbeth sur les remparts de mon appartement vide, vide... Hé bien ! Non ! je reprends ma vie de jeune fille où je l'avais laissée : du charme, de l'imprévu, des repas au resto, des soirs à se coucher tard car le matin, je peux dormir, dormir !
Un rêve !
Bon, je triche un peu. Parce qu'au roman, j'y retourne. J'essaie de faire des coupes, de le forcer à maigrir. Mais comme lorsque je coupe d'un côté, je rajoute de l'autre, le pauvre ne sait plus sur quel pied danser !
Et puis les enfants, je leur maile, je leur parle au téléphone, je leur tiens la main de loin...
Ils écrivent leurs premiers devoirs en anglais, découvrent les joies du climat humide et froid, du thé anglais, de la délicieuse hospitalité anglaise, et les joies aussi de l'enseignement universitaire plus libre, plus ouvert que celui auquel ils étaient habitués. En un mot, je vais vous dire : ils sont heureux, je suis heureuse...
Y a que le chien Chaussette qui est désemparé. Il pisse sur les rideaux pour montrer sa désapprobation. Les rideaux des chambres des enfants qui sont partis... Il n'est pas d'accord, lui, et le prouve.
Les rideaux trempent dans des bassines d'eau pour le décourager et les débarrasser de l'odeur tenace et il ne sait plus quel morceau de territoire inonder pour signer sa colère !
Quel drôle de chien !
Alors il se replie dans son panier et fait... la grasse matinée !

Coup de foudre pour un hôtel de ville...

Que d'événements en 48 heures !
Des résultats d'examen mi fête, mi-chagrin...
Deux enfants partis en Angleterre.
Une maison vide...
Mon fils n'a pas eu son concours français, mais a eu son concours anglais, donc... en voiture pour l'Angleterre et le campus verdoyant du Kent ! Moi, je rayonnais ( j'avais une préférence pour les études anglaises...) lui bougonnait (il aurait bien aimé rester à Paris !). Quant à ma fille, elle s'envolait le même jour pour London ! En 24 heures, la maison s'est vidée et je reste seule avec le chien Chaussette qui cherche ses maîtres en reniflant la moquette...
Le campus anglais est une merveille ! Les gens sont accueillants, souriants, serviables. Tout se passe si facilement. Il n'y a jamais de problèmes... D'ailleurs, on a l'impression que les gens là-bas sont heureux de vivre, heureux d'étudier, heureux d'être vendeur dans un super marché, heureux de vous servir une pizza, heureux de faire la queue, heureux tout le temps ! Comment cela se fait-il ? Et pourquoi, dès qu'on retraverse la Manche pour revenir en France, on ne rencontre que des soupes à la grimace ?
Chaque fois que je vais en Angleterre, je me fais la même réflexion. Il faudra bien que je comprenne un jour...
Ma fille Charlotte a trouvé un appartement à Londres en 24 heures ! Avec un tout petit budget... Elle m'a expliqué comment cela se passait : on visite, on dit oui, on paie un mois d'avance, si on ne paie pas, on vous vire sur le champ, si on paie, on reste. Résultat : il y a plein d'appartements à louer et pas de squatter !
Bref, là-bas, tout roule... Je ne dis pas qu'il ne faut pas se battre ni travailler dur, mais la vie paraît beaucoup plus facile.
Après avoir abandonné mes deux "petits" à la perfide Albion, je suis revenue en France. Et je me suis arrêtée à Calais pour voir le match de rugby. Dans un bel hôtel, au bar, avec un club sandwich... Mais avant d'arriver au bar, j'ai eu un choc. Je suis tombée amoureuse ... d'un bel hôtel de ville, le plus bel hôtel de ville du monde, la huitième merveille de l'univers. Majestueux, riche, généreux, puissant, crémeux !
Je vous raconte : il faisait nuit, j'étais avec un ami, nous cherchions le palace qui allait nous permettre de suivre les exploits du XV de France, nous tournions dans la ville de Calais, nous tournions, tournions lorsque soudain nous débouchons sur une place et là... devant nous... une merveille architecturale, mi tour de Londes, mi Buckingham Palace ! Une sorte de château médieval stupéfiant d'audace, de classe, d'élan vers le ciel. Une ode à l'idée de beauté ! On a fait trois fois le tour de la place pour se remplir les yeux. On se pinçait, on n'y croyait pas. Un peu plus loin, une autre splendeur : le théâtre de la ville !
IL FAUT ALLER VOIR CES DEUX MERVEILLES. IL FAUT VISITER CALAIS rien que pour ça...
Je n'ai pas encore eu le temps de me renseigner sur Internet mais je vais aller consulter le site de la ville de Calais.
Après le régal de l'hôtel de ville, il y eut l'enchantement du match.
Au bar, juste à côté de nous, se tenaient un Américain (ancien pilier de mêlée), un Néo-Zélandais, un Suédois, deux couples d'Anglais et trois Français. On a fait des bonds à chaque essai ( donc on a passé la plupart de la soirée en l'air !)...
Vendredi, c'est France-Irlande. j'espère que je vais continuer à m'envoler...
Sinon, beaucoup moins drôle, mon ordinateur a buggé et toutes les lumières se sont éteintes. Il a fait un drôle de son, genre soufflé qui retombe tout flappi, et ...plus rien ! Il n'a même pas un an ! Je suis allée le porter à réparer dans une grande tour vitrée entre deux échangeurs de périphériques et suis repartie, déconfite.
J'en ai récupéré un vieux que je garde " au cas où..." mais ai perdu une grande partie de mes messages !
L'informatique, c'est formidable... quand ça marche !
Dans une semaine-quinze jours, je le récupérerai, tout fringant, tout propret... Pour combien de temps ?
Voilà, messieurs dames, les dernières nouvelles du front !
Et un dernier hommage, avant de clôturer ce message, au plus bel hôtel de ville du monde !

Here is Calais !

C'est génial : vous m'écrivez pour me parler de mon coup de foudre : l'hôtel de ville de Calais ! Il y a ceux qui le connaissent déjà et le célèbrent, ceux qui sont partis voir quelle tête il avait, ceux qui font des restrictions ( oui mais vous avez vu au milieu de quoi il est planté votre hôtel de ville ?) et même celui qui le prend en photo pour que je l'admire sans devoir aller tourner en rond dans la nuit de Calais !
Merci à tous et à toutes ! C'est ainsi que j'ai l'honneur de vous présenter mon nouvel amour !
Pas mal, non ?

And now, ladies and gentlemen...

Je peux, enfin, dire le titre du livre !
Ce n'est plus défendu !
Et alors...
Et alors...
Le gros bébé joufflu qu'il va falloir que je mette (un peu) au régime s'appellera :

LA VALSE LENTE DES TORTUES

Et il sortira sûrement en février ou en mars 2008...
Le temps de perdre quelques grammes....

Merci pour vos messages de soutien !
Vous aimez les bons gros livres et répugnez aux anorexiques ! Hi ! hi ! hi !
Moi, ça me va très bien !!!