Language choice

Blog de Katherine Pancol

BlaBlaBlog

Ça y est ! Je l'ai !

Un coursier vient de sonner à la porte...
Je me lève en titubant parmi les Kleenex froissés, les bouteilles de sirop, les comprimés sous plastique et les ordonnances qui jonchent le sol ! me dirige vers la porte d'entrée, manque d'écraser le chien Chaussette qui roupille enveloppé dans la chute du dessus de lit, il hurle, je m'excuse, titube jusqu'à la porte, souffle, resserre l'étreinte du châle, éternue, toussote, crachote, ouvre et...
TATATAM !
IL EST LÀ !
Dans les bras du coursier !
MON livre !
Mes petites tortues bleu nuit avec des tas de lettres en relief qui dansent sur la couverture !
Ma VALSE LENTE...

Il est beau, mais qu'il est beau !
673 pages. Blanches. Belles. Un caractère d'imprimerie élégant, clair, classe qui se lit sans se forcer, se goûte, s'offre, se donne avec une retenue qui cache mal une certaine liesse !!!

MON LIVRE !

MES DEUX ANS DE LABEUR NEZ CONTRE L'ORDINATEUR !
Qu'il pleuve, vente ou canicule ! Que ce soit Noël, Chandeleur ou "ridicule de rester enfermée par le temps qui fait " !!

Je tourbillonne, je deviens crochet X, élastique de saut dans le vide, je piétine les Kleenex, saute sous la douche, lave le cheveu, poudre le nez rouge, vaporise le cou d'essence d'Hermès, j'ai rendez-vous avec DEHORS pour faire exploser ma joie ! L'appart est trop petit et moi, trop folle de joie !
Il est là ! Il est là !
673 pages.

Ce soir, c'est la Saint Valentin, je vais dormir avec lui !

Le rire d'Henriiiiiiiiiii !

Il est parti,ce matin.
Sans grimacer, sans souffrir, sans même s'en apercevoir, je parie. Peut-être même en éclatant de rire trop fort. Parce qu'il faisait si beau ce matin place Vendôme qu'il a dû s'étirer de bonheur, s'étirer, s'étirer et trop s'étirer...
Je l'avais rencontré, il y a sept ans. Lors de son fameux retour à la chanson. Numéro Un des ventes à 83 ans. Ça valait un portrait, une coupe de champagne dans un grand hôtel où il s'était confié après avoir déboulé en roulades à mes pieds !

Qu'est ce qu'on avait ri ! Le champagne en était devenu salé.
Après je l'avais raccompagné chez lui et il pleuvait. On avait ouvert le parapluie et dansé sous la pluie. Il avait fait Gene Kelly, j'avais rien fait du tout... Je l'avais regardée, émerveillée. Un jeune homme de 83 ans qui riait sous la pluie !
Et j'étais rentrée écrire mon papier qui disait ceci :

"Henri Salvador est un homme plus qu’heureux. Un homme hilare, irradié de bonheur, bondissant de gaieté, retentissant de rires qui ricochent ! À 83 ans, il fait des roulades sur la moquette de l’hôtel Intercontinental pour m'accueillir, se redresse et clame, grand seigneur, “Champagne” !
Cet homme est un enchantement de gouaille, d’esprit, de culture, de générosité. On repart d’un rendez-vous avec lui, émerveillée, on danse sous la pluie, on aime la vie, on se promet de rire, de rire, et de rire !

- À 83 ans, après avoir longtemps fait le clown, vous faites enfin ce que vous aviez toujours eu envie de faire : de belles chansons ...
- Les conneries, ça m’a payé beaucoup de choses, des costumes, des belles voiture, c’est sûr ! Vous avez devant vous un homme qui a beaucoup souffert parce que c’était mon rêve de faire de belles chansons et que je ne pouvais pas parce que ce n’était pas ce qu’on attendait de moi. Heureusement il y avait les faces B, mais avant que les gens aient la force de tourner le disque ! ( éclats de rire) Là, il n’y a que des faces B !! Et ça marche, je suis numéro Un, nananananaire !
- Comment vit-on quand on n’arrive pas à faire ce qu’on veut ?
- (rires) Je suis un optimiste alors je m’en fous ! mais enfin, il aurait été malheureux que je meure sans avoir fait ça !
-Il n’y a jamais eu de moments où vous étiez vraiment en colère ?
-Il faut s’accommoder de la connerie ! Et surtout, surtout il ne faut jamais râler ni raconter ses malheurs aux autres !
- Si vous aviez pu faire ce que vous vouliez...
- Je n’aurais peut-être pas fait la carrière que j’ai faite... C’est mieux comme ça en fin de compte ! et puis je suis content parce qu'aujourd’hui, on parle de moi avec respect ! C’est fini, je ne suis plus le petit rigolo qui chantait “Juanita Banana”, alors je suis heureux !
- Vous avez souffert de cette image de rigolo ?
- J’ai s urtout souffert musicalement parce que vous ne pouvez pas savoir ce que j’aime la musique, moi ! Je l’ausculte, je la décortique, je la rêve ! Pour moi la musique commence avec Ravel, avant je m’en fous, Stravinsky, Schoenberg, Xenakis.. j’adore, parce que c’est de la recherche...
- Et alors pourquoi Zorro, Juanita, et les autres ?
- Parce que j’étais contraint à faire du commercial, ça faisait rire les gens ! On finit par prendre son pied à faire rire les gens ! C’est une dimension considérable ! Et puis toute chose est intéressante quand vous l’étudiez sérieusement, la pétanque comme la musique comme le bridge parce quand vous voulez faire les choses bien, c’est incroyablement difficile...
- Votre philosophie de la vie, c’est comme dans votre chanson : “il fait dimanche tous les jours” ?
- Oui j’ai toujours été comme ça... je suis un petit gars heureux, je ne comprends pas les gens qui ne sont pas heureux et pourtant j’ai eu mon lot d’emmerdements et de déceptions !
- Cela vous arrive t-il d’être nostalgique ?
- Je n’aime pas le passé, je m’en fous ! Je ne dis pas c’était mieux avant parce que mon parcours est joyeux et que je suis un homme heureux ! Ma vie est parsemée de joie...Les nostalgiques sont des cons ! (rire) ils ne vivent pas, parce quand on vit, tous les jours sont beaux ! Le jour qui vient, c’est toujours le plus beau, celui qu’on attend avec appétit !
- Et la musique d’aujourd’hui, qu’en pensez vous ?
- De la merde ! tout le monde gueule ! Ils hurlent tous ! Moi j’en suis resté à Sinatra et Nat King Cole, aux belles mélodies !
- Le rap ?
- Ce n’est pas de la musique, c’est du bruit ! Les mots qu’ils utilisent ! Ce qu’ils font subir à la langue française : Les meufs, les keufs, je les tuerai ! J’aime le beau, j’aime le sublime : Piaf, Chevalier, Fred Astaire, Nat King Cole, Sinatra, Brassens, Trenet...
- Qu’est ce que vous écoutez à la maison ?
- Du classique, du classique et du classique !
- Numéro Un des ventes à 83 ans, vous auriez imaginé ça ?
- C’est inimaginable ! Je ne voulais plus faire de disques, j’avais décidé d’arrêter. Le dernier disque que j’ai fait on m’a forcé à chanter des choses que je ne voulais pas ! C’était dramatique ! Ils me faisaient faire du rock ! Du rock ! (rires en cascade) J’avais à peine le droit de mettre une belle chanson à moi en fin d’album ! On ne parlait plus le même langage ! il valait mieux que j’arrête... Et puis il y a ce jeune producteur qui est arrivé, qui m’a dit voilà vous avez tout l’argent que vous voulez, faites ce que vous voulez ! Et le résultat est là...
- Et vous êtes vengé !
- Doublement ! parce que je ne m’attendais pas à ce que le public réagisse à de belles chansons, je croyais qu’il était tellement habitué à des trucs commerciaux minables qu’il n’avait plus d’oreille! Hé bien, non ! C’est la vengeance du chouette sur la merde ! ( rires) c’est formidable, succulent ! Quand je pense à tous ceux qui vendaient de la merde et qui se pavanaient, d’un seul coup, Pan ! Nom de dieu, ça les remet à leur place ! C’est une arme merveilleuse que la qualité, et quand la qualité est reconnue, alors là... ! Qu’est ce que je suis content ! je suis content ! Et je les emmerde tous, tous !
- Vous n’avez jamais été désespéré ?
- Ah si ! quand j’ai perdu ma femme, Jacqueline.. Alors là, j’étais perdu ! J’ai passé trois ans, les valises dans la voiture, à ne pas savoir où j’allais... Complètement paumé ! C’était en 1976. Jacqueline, c’était un ange, c’était l’ange des anges. C’est elle qui a fabriqué Salvador. Je n’étais rien quand je l’ai rencontrée, elle m’a dit “toi tu composes, tu chantes, moi je m’occupe de toi et de ta carrière... Laisse moi faire” Elle a pris l’affaire en main et elle a fait Salvador !
- C’était votre deuxième femme...
- Oui, mon premier mariage était un pari. J’avais 22 ans. J’étais avec un copain et je vois passer une fille mais belle ! belle ! Je dis à mon pote “ tu vois celle-là ? Si elle dit oui, je me marie avec elle !” Il me dit Chiche, je vais chasser la fille, elle dit oui ! Formidable, heureux, je me marie avec elle, sept ans de malheur ! ( cascades de rire) Une méchante comme je n’ai jamais vue ! Épouvantable !
- Vous avez une recette pour paraître si jeune, si joyeux, si vigoureux ?
- Je ne fume pas, je ne bois pas, je dors onze heures par nuit ! Vous avez entendu ma voix, j’ai ma voix de 17 ans ! Elle est même mieux parce qu’avec le yoga, j’ai appris à respirer...
- Vous faîtes quoi toute la journée ?
- Je ne sors jamais, je reste chez moi, je n’aime pas travailler, mais alors pas du tout ! Je passe mes journées au piano, à la guitare ou alors je vais jouer aux boules Place des Invalides avec mes potes ! Je m’occupe de ma femme aussi ! J’ai toujours su rendre mes femmes heureuses, les choyer, il faut que ma femme soit heureuse, je ne supporte pas de voir une larme !
- Vous parlez comme un très jeune homme...
- Ne le dites à personne : j’ai 18 ans ! Le mot adulte est le mot le plus laid du dictionnaire. Adulte signifie qu’on a perdu le rêve, qu’on est devant les réalités, c’est effrayant... Moi, je suis curieux, beaucoup de choses m’épatent, j’ai des émotions très fortes, je pleure au cinéma, je suis trop sensible !
- Vous avez été un petit gars complexé ?
- Je n’ai jamais eu de complexes physiques parce que je suis un optimiste ! Je crois en moi, j’ai confiance, je suis né comme ça ! Je suis mulâtre, mais je n’ai jamais souffert de racisme et puis je fais rigoler alors les gens m’aiment, c’est une carte merveilleuse, le rire !
- Vous avez gagné beaucoup d’argent ?
- Oui mais je ne suis pas riche parce que l’argent, je le tiens à distance ! Il y a deux choses après lesquelles il ne faut jamais courir : l’argent et les femmes ! Une femme, si vous l’ignorez, vous l’intriguez et elle vient vers vous, si vous la poursuivez, vous vous cassez le nez. (rires) L’argent, c’est pareil. Les gens qui gardent leur argent sont des malheureux, vous n’avez qu’à les regarder. Moi, l’argent, je le dépense ! L’argent, c’est pour rendre les gens heureux, les gens autour de moi ! Les magasins sont là pour qu’on y dépense de l’argent, pas pour être regardés !
- Est ce que vous avez des regrets ?
- Non. La vie s’écoule comme un fleuve...
- Et des remords ?
- J’ai une chance, j’ai une voix intérieure... quand vous avez une décision à prendre, si vous sentez que quelque chose en vous dit qu' il ne faut pas le faire, ne le faites pas ! C’est votre voix intérieure qui parle ! Moi, si je n’avais pas écouté ma voix intérieure, j’aurais très mal tourné, j’aurais fini en prison parce que j’ai vraiment failli finir gangster !
- Alors que vous êtes un ange...
Il éclate de rire et son rire résonne dans les salons de l’hôtel Intercontinental".

Après, pendant longtemps, j'ai éclaté de rire sans raison.
Et puis j'ai arrêté.
Je crois que je vais recommencer...

Ouplaboum !

Ouplaboum !
Je commence à faire les cent pas devant les librairies !
Ouplaboum !
J'ai mon c½ur qui fait de la cavalerie !
Ouplaboum !
Je compte les jours à rebours et heureusement que février est court !

J'attends "La valse lente des tortues"... et suis légèrement obsédée. Je n'ai plus de bouts de doigts à force de compter...

Le livre pourrait sortir fin février, a murmuré l'éditeur, "dernier office du mois", a t-il ajouté pour donner un air de sérieux à cette nouvelle qui m'affriande, me bouleverse, me renverse les quatre fers en l'air...
Que c'est long, l'attente !
Je voudrais déjà que vous l'ayez tous lu ...et qu'on en parle dans nos échanges de mails !

Sinon...
Sinon... à part battre le pavé devant les vitrines des libraires...
Je vais au théâtre. Beaucoup, beaucoup.
Mais bon... rien de grandiose à vous recommander...
Parce que le théâtre se doit d'être grandiose pour qu'on y pointe son nez. Aller au théâtre, c'est une aventure.
Il faut sortir de chez soi, prendre le bus, le métro, le RER, la voiture avec contravention, il fait frisquet, c'est encore l'hiver et c'est cher, les fauteuils sont étroits, le voisin ronfle, la voisine sent la gomina. Donc : grandiose obligatoire !

Je suis toujours en train de lire Somerset Maugham. Je suis allée prendre TOUS ses autres romans à la bibliothèque (pas ses nouvelles, les nouvelles, je les ai en français et en anglais et les lis amstramgrampiquedam le soir avant de m'endormir...)
Somerset, il est grandiose. Je l'avais lu, il y a longtemps, et je le redécouvre. Un enchantement. Les livres ne sont pas les mêmes selon l'époque où on les lit. Bizarre, bizarre...

Enfin, en cette période où on fête Simone de Beauvoir à tout bout de champ, je voudrais vous offrir une autre phrase d'elle en cadeau, une phrase à ruminer au bureau quand on vous ennuie avec des histoires de parking ou de bordereau : "je hais la bêtise : cette manière d’étouffer la vie, ses plaisirs, ses joies sous des préjugés, des routines, des faux-semblants, des consignes creuses. Pour me défendre contre elle, j’ai décidé de m’appuyer sur la conscience que j’ai de ma présence au monde ! »

Vive Simone !


Badaboum !

Alors voilà... c'est malin ! Je suis au fond de mon lit depuis trois jours avec 40° de fièvre. Une imitation parfaite de la crêpe molle et flasque et brûlante. Ajoutez les courbatures, les râles, les toux grasses et les toux sèches, les migraines, les délires, l'étau sur les tempes, l'étau sur les poumons et vous aurez une image exacte de moi, au lit, luttant contre les armées grippales !
Et moi qui pensais que ça n'existait que dans les statistiques, la grippe ! Que ça n'était là que pour jouer les Croquemitaines et nous remettre pieds et poings liés à notre pharmacien ! Je me disais même que ce n'était qu'une affaire publicitaire pour faire monter les ventes de vaccins à l'approche de l'hiver !
Je me gaussais, je me gaussais et je suis tombée !
Les bras en croix au champ d'honneur...
Trois jours que je n'arrive pas à relever la paupière ou alors de façon intermittente. Je clignote de l'½il. Mais dors la plupart du temps...
Le temps ? Il ne comporte ni heures ni minutes ni repas succulent ni rendez-vous affriolant, mais signale de manière monotone la prise d'antibiotiques ou d'aspirine. Il est morne et vaseux, le temps. Et j'attends... qu'il passe !
En tous les cas, j'ai appris un truc : la grippe, ça existe.
Et pas que dans les chiffres !

Les tortues et le golden boy...

Vous savez quoi ?
Le redoutable trader qui a torpillé les comptes de la Société Générale, affolé tous les importants de la Finance mondiale, les petits épargnants, les gros bonnets... Vous voyez qui je veux dire ? Jérôme... Eh bien ! Il habitait au-dessus d'un magasin à six sous qui s'appelait "La descente aux affaires" !
Ce n'est pas désopilant, ça ?
Ce n'est pas infiniment romanesque ?
On le mettrait dans un roman qu'on dirait "oh la la ! l'auteur exagère ! C'est trop ! C'est caricatural !"
Quand je vous dis que la vie se permet des raccourcis devant lesquels les écrivains freinent des dix doigts ! Quand je vous dis que la vie est un roman...

Imaginez que le Jérôme, avant d'emménager dans ce coquet appartement, ait lu le panneau clignotant. Ait réfléchi un peu. Ait tordu son adorable petit nez et se soit dit " c'est un signe ! Je devrais peut-être faire gaffe... Arrêter mes galipettes à mille zéro et écouter la voix de la raison..." Imaginez qu'il se soit dit " ralentis, ralentis, mon garçon... sinon tu vas glisser dans les enfers."
Il n'en serait peut-être pas là !
Oui mais voilà... Il ne pouvait pas ralentir. Le monde autour de lui allait à toute allure. Et lui aussi...
Il allait si vite dans sa vie, dans ses affaires, dans ses entrées et sorties dans le hall de l'immeuble qu'il n'a peut-être pas lu l'immense signe "Descente aux affaires". Ou il était si arrogant, si sûr de lui qu'il s'est plus cru plus fort que ce petit signe-là !

En ce moment, il y a un feuilleton sur Canal + qui raconte la vie de ces garçons-là. De ces traders fous d'argent, de bénéfices colossaux, de sauts périlleux en avant dans les chiffres. Ça s'appelle "Scalp" et c'est très très bien. Je suis scotchée à mon écran tous les lundi soir et je regarde les personnages tomber un à un dans cette "descente aux affaires". Pourquoi l'argent rend-il les gens si moches, si haineux, si effrayants ?
Ils n'ont plus d'ami, plus d'amour, plus d'enfants. Ils sont seuls. Face à ce désir d'en avoir toujours plus, toujours plus.
Ils ne font pas l'amour, ils se percutent, ils ne parlent pas, ils aboient, ils ne dégustent pas un bon vin, ils s'ivrognent, ils ne respirent pas les fleurs, ils aspirent de la poudre blanche... À toute allure. Pas le temps de... Vite, vite, vite.

Ma grande tante, Blanche, me disait toujours "la vitesse, c'est la forme moderne du démon". Elle avait bien raison !
C'est fou, toutes ces petites phrases que l'on a entendues, enfant. Qu'on a repoussées d'un geste impatient de la main en se disant "elle est vieille, elle ratiocine, elle ne connaît pas le monde nouveau qui s'ouvre à moi, ce monde si enivrant..." Et plus tard, au détour d'un détail, la phrase revient, se déplie et prend tout son sens.

Vitesse, argent, vitesse, argent... Le monde va trop vite, le monde est impitoyable et nous, au milieu, nous sommes des petites tortues qui tentons de résister en enfonçant nos pattes dans le sol.

Dans bientôt un mois, mes petites tortues vont montrer le bout de leur nez dans les librairies. Et je compte les jours lentement, lentement...
"La valse lente des tortues"...
Un mois. C'est long et c'est court. C'est le temps du désir et de l'attente. Ce temps qu'on remplit de v½ux secrets, de rêves fous, de peurs étranges, venues d'ailleurs...
Mais au moins, c'est du temps qui passe et sur lequel, on peut mettre la main....
En prenant tout son temps...