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Blog de Katherine Pancol

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Utopie et réalité

Ça y est ! Le premier round de l'élection est fini !
Il n'y a plus que deux groggy et le choix va être plus simple. On va pouvoir enfin parler programmes et écouter parce qu'à la fin, on n'entendait plus rien, c'était que du bruit.

Jusqu'à maintenant, ça volait plutôt bas.
Et les tout derniers jours, je recevais des dizaines de mails de haine au sujet d'un certain candidat ! Des mails qui vomissaient de la haine frénétiquement.

JE NE SUPPORTE PAS LA HAINE COMME ARGUMENT.
Qu'elle provienne de droite ou de gauche.
Les arguments qui relèvent de la haine sont irrecevables.
Moi, je suis du genre à rêver que tous les hommes et femmes politiques se donnent la main pour faire un grand et beau pays ! C'est vous dire si je suis mal à l'aise en ce moment.

Il y a eu un truc très drôle à la fin de la soirée télé, dimanche soir : un journaliste a parlé de "TUEL" au lieu de "DUEL".
Hi ! hi ! hi !

Ce serait si bien si on pouvait se passer de gouvernement !
Mais là je rêve carrément sauf que le bon Tocqueville l'a écrit lui-même : "Le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer les peuples à se passer de lui".

Sinon,
Je suis rentrée à Paris.
Après QUATRE bains dans l'eau glacée. I'm the queen of the Manche !
Et le dernier bain a duré trente minutes !
J'étais rose crevette.
Mais il faisait si beau, si chaud

Et j'ai attaqué ma quatrième partie et la page 505
L'affaire se corse drôlement !
Car je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, dans ce livre-là, un tueur rôde et tue.
Et parfois, je frissonne de peur !
Parce que mon assassin est animé par une drôle de haine envers le genre humain

Il y a longtemps, j'ai connu un assassin. C'était le plus charmant des hommes. Vraiment. Quandj'ai appris ce qu'il avait fait, j'étais atterrée, je me disais ce n'est pas possible, pas lui, pas lui !
Et quand j'ai commencé à envisager d'écrire ce livre-là, la suite des Crocodiles, toute mon histoire avec lui m'est revenue dans une bouffée de souvenirs.
Et tout s'est mis en place
Entre temps, j'avais compris pourquoi il tuait. J'avais reconstitué toute l'histoire de sa folie.
J'avais compris aussi que j'avais eu une chance inouïe de lui avoir échappé.

C'est ce qui me fascine le plus dans l'écriture : tout ce qu'on vit s'imprime en nous et finit toujours par ressurgir. Rien n'est jamais perdu. Le moindre détail ou la plus incroyable histoire. Tout sert. Comme si la nature était économe et ne voulait pas de gaspillage !

Bon, j'y retourne parce qu'après la page 505, il y a 506, 507, 508 etc...

I did it !

Mercredi 18 avril 2007. Grand jour. Très grand jour.
Je me suis baignée. Et vraiment baignée ! Pas du chiqué, pas de l'aspersion de gouttelettes sur corps tremblant ! Non ! Immersion totale et quinze minutes de nage en eaux glacées.
Toujours 10°. Toujours aussi difficile pour les bras et les épaules, mais immersion totale !

Ensuite, forte de ce triomphe aquatique, je me suis jetée sur mon ordinateur et J'AI FRANCHI LA PAGE 500 du roman !
Telle Laure Manaudou !

Le même jour !

Que s'est-il passé d'autre un 18 avril ?
À part la mort d'Einstein (1955), de Pagnol (1974), de Pierre Desproges (1988)
Et la parution du premier roman de Jules Vernes (1863)

Sinon
Je suis en colère noire !
Je reçois des dizaines de mails au sujet des élections. Calomniant l'un, vilipendant l'autre, dénonçant les sondages, les journaux, les télés, le poisson rouge du boucher, la planche à voile du garde-barrière !
STOP !
On est grands, on peut penser tout seuls. Pas besoin de nous assommer de chiffres, de phrases et de prédictions apocalyptiques. Si vous votez Untel, vous allez voir ce que vous allez voir et si vous votez l'Autre, vous allez le regretter toute votre vie ! Avec rappel des années 30, des rafles, des rifles, et des rouflaquettes !
Ce n'est plus une élection, c'est une frénésie de haine, de calomnies, de taper Un, taper Deux, taper Trois et dîtes n'importe quoi

Premier bain ????

Bon, alors, comme je vous l'ai dit, je suis en Normandie et il fait beau et chaud. Alors, là, je vous entends faire mmoui-mmoui, elle dit ça pour nous faire râler, elle se vante, le soleil chaud en Normandie, c'est du pipeau et patati et patata Je vous entends Si, si.
Hé bien, non ! Il fait beau, il fait chaud, on a sorti la table en plastique de chez Carrefour (en plastique et en promotion !) et je suis en Normandie, pas sous les Tropiques.

Et demain, je vais vous dire : je vais aller me baigner. Elle doit être à 1O degrés, je pense, mais je vais y aller. Parce que je dois battre un record. Celui de l'année dernière.
L'année dernière, mon premier bain était le 24 avril, alors cette année, je dois faire mieux. Le 12 ou le 13. Ou le 14
Ce qui m'ennuie, c'est que l'année prochaine, il faudra que je fasse le premier bain vers le 10 avril et puis ainsi de suite, je vais remonter jusqu'au premier janvier et alors, c'est vraiment froid. Dans la Manche, en janvier, c'est genre 4 ° avec des pointes à 7°. Et là, honnêtement, je n'ai encore jamais essayé !

Sinon, quand je ne fais pas des considérations vaseuses sur la mer et sa température, j'écris (je piétine sur UNE scène depuis dix jours ! Une scène super importante pour le reste de TOUTE l'histoire ! Mais hier, je lui ai presque réglé son compte à cette scène, encore un effort et je m'en sors !!), je marche, j'escalade les falaises, je regarde La Nouvelle Star.

J'adore la Nouvelle Star. Je me réveille le mercredi matin et je me dis "Chouette ! ce soir, c'est la Nouvelle Star !". On se fait un plateau repas et on commente : celui-là, il est trop bien, celle-là, elle tape sur le système et celui-là, oh la la ! Parfois on n'est pas d'accord et on attend que le jury nous départage.
Moi, celui que j'aime, c'est Manu Katché.
En ce moment, j'aime Manu Katché et Laure Manaudou.

Et les nouvelles de Balzac. Les deux gros volumes parus chez Bouquins. Ses nouvelles de quand il commençait à écrire, qu'il était minot et appliqué. Hé bien, même celles-là, elles me font trembler les genoux.
Balzac, vous savez, c'est le type qui a écrit (entre autres) "jaune comme le rire d'un ami devant votre succès".
Il y a des gens comme ça, je les vénère pour une seule phrase. Balzac, il les enchaîne ces phrases ! Et quand je pense qu'il y a des gens qui font la moue en parlant de Balzac !
C'est comme les gens qui disent qu'il pleut toujours en Normandie !

Presque ! Presque !

Pas encore baignée !
Trempée jusqu'à la taille, mais pas immergée !
Un jour, elle fait 10 °, le lendemain 9° et moi, je suis là, à tâter l'eau, à me tâter, à lambiner dans l'eau, à moitié glacée.
C'est pas humain ! Sauf qu'aujourd'hui, il y avait une dame qui y est allée. Droit devant. Sans hésiter. Elle est entrée dans l'eau (9° !) et elle s'est lancée ! Elle a nagé dix minutes. Je la regardais, je pensais bravo, bravo, alors j'ai levé mes deux bras pas glacés et j'ai applaudi. Elle n'a pas entendu, mais j'ai applaudi. Parce que je me suis dit que c'était un exploit et qu'un exploit méritait d'être souligné par deux bras tendus en l'air qui applaudissaient. Je suis très bonne pour applaudir. Pour encourager. Je trouve qu'aujourd'hui, on cache trop sa joie. On n'ose plus crier bravo aux gens qui font des choses extraordinaires.

Sinon, j'ai bouclé ma scène après dix jours de combat au mot à mot. C'est fou ce que c'est important UN mot dans une scène. Et j'avais trouvé une phrase géniale qui faisait tout basculer, d'un seul coup, et il fallait que j'articule avant et après LA phrase ! Et finalement, j'y suis arrivée.
J'étais si fière que je l'ai fait lire à mon fils (la scène) et il a lu attentivement et après il a dit : "Ouaou ! cette phrase-là ! elle est géniale, elle fait tout basculer, elle donne la chair de poule !"
Il avait repéré LA phrase sur dix feuillets ! Et j'ai dansé la bourrée de joie et je me suis applaudie !
J'étais heureuse, si heureuse !

Vous voyez comme elle devient passionnante, la vie, quand on trouve la pépite qui fait tout basculer ! Le détail qui pose la cerise sur le gâteau. L'écriture, c'est ça. C'est une phrase, un mot qui tout à coup installe l'ensemble, donne son harmonie à tout ce qui a été écrit et qui n'est là que pour mettre en valeur la phrase qui va monter le tout ! C'est comme les blancs en neige, la mayonnaise, l'allumette qu'on glisse sous le pétard, la clef de voûte de la cathédrale.

Alors d'accord, je ne me suis toujours pas baignée, mais j'ai bouclé ma scène !
Et puis, j'ai jusqu'au 23 avril pour faire tomber mon record de baignade dans la mer glacée
Donc j'ai encore le temps. Je peux gagner un ou deux degrés.
Mais maintenant, je ne serai plus seule dans l'eau glacée. Je penserai à celle qui s'est jetée dans l'eau sous mon nez et je me dirai "allez ! Courage !"
Enfin, je dis ça, bien au chaud, devant mon ordinateur, mais si, quand même, j'y penserai, j'y penserai !

NORMANDE !!!

Hé ! Hé ! Je suis en Normandie et c'est le grand bonheur !
Je suis dans mon village perdu au bord des flots…
Un village de 20 habitants l'hiver et 200 l'été !
À Pâques, on frôle les 75 !
Enfin, le dimanche et le lundi, parce que, après, y a plus personne !
En plus, ce n'est pas dans la Normandie chic (Deauville-Trouville-Honfleur-Cabourg), c'est dans la Normandie sauvage. La vraie, celle de Maupassant, de Flaubert, de Louis Bouilhet, d'Alfred Le Poitevin, de Cany, d'Yvetot, de Fécamp.
Le triangle des Normudes.
Les Normandes ont la "coupe" normande (nuque rasée, cheveux en brosse), le bourrelet crème fraîche, les Normands ont la couperose brique et parlent en supprimant le pronom personnel : "fait beau", "est cher", "dis pas non, dis pas oui".

Il fait beau, il fait chaud, on mange des bulots et on regarde la mer qui monte et qui descend. On n'est pas déçu : elle monte et elle descend tout le temps. Le chien Chaussette et moi, on ne s'en lasse pas. Enfin, le chien Chaussette la regarde de loin parce qu'il s'en méfie, moi, je nargue les vaguelettes et m'entraîne à faire des ricochets.

Vous avez remarqué que je change le texte tout le temps, maintenant ? C'est parce que j'ai un accès direct à mon site ! Avant, il fallait que je passe par trois personnes avant de faire le moindre changement. Aujourd'hui, c'est facile : j'écris et j'appuie sur un bouton…
Je suis grisée !

Dans douze jours, on vote et c'est de plus en plus la foire d'empoigne à tous les étages. Je connais des familles où on a interdit de parler politique tellement on a peur que ça dégénère ! Tout le monde finit par dire n'importe quoi et bientôt, y aura un lobby des poissons rouges qu'on ira interroger avec le plus grand sérieux !
D'ailleurs, le chien Chaussette pense se présenter…
Ça m'arrangerait bien : je saurai enfin pour qui voter !

Ce matin, je suis allée au marché : poisson frais, fromages exquis, laitues, kiwis, tomates, petites pommes de terre avec du goût… Que du bonheur ! Et je disais à mon fils (qui révise son bac, crée en 1808 par Napoléon !) tu vois, même si on est rayé de la carte par les Chinois et les Indiens, la France restera le pays des cent mille fromages, des sauces à la tomate et à l'ail, des poissons cuits dans le four et pas rectangulaires, du toit de chaume et du petit vin de Loire ! Ça m'a réconfortée et je vais me remettre à travailler plus légère !