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Blog de Katherine Pancol

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Deux neurones dans les embouteillages...

Alors là, en ce moment...
Je suis une survivante !
Je fais chauffeur le matin et chauffeur le soir.
Ou si vous préférez, héroïne le matin et héroïne le soir !
Pour conduire mon fils à Perpète-les-Oies où il suit les cours d'une impitoyable prépa qui le conduira, peut-être sur le sentier de la gloire (ultime concours, ultimes papiers à remplir, ultime trac !).

Soit je résume : une heure à l'aller le matin + une heure et demie pour revenir et une heure à l'aller l'après-midi plus une heure au retour. L'après-midi, comme vous l'avez sûrement remarqué si vous avez votre bac S, il y a une demi-heure de réduction sur le retour. Une petite prime pour m'encourager !
C'est gentil.
Le tout pare-choc contre pare-choc en faisant stéréo avec la radio du voisin.
Et je croyais qu'ils étaient en vacances, les Parisiens !
Non ! Ils sont sur le périf et dans la banlieue où je vais.
Agglutinés.
Je résume (pour ceux qui somnolent déjà devant le manque de pétillance de mes propos) : quatre heures et demie de voiturage par jour !

Parce que de là où nous habitons jusque là où il va se recueillir studieusement chaque jour (samedi compris), les transports en commun n'y vont pas ! Ou pas vraiment. Ils hésitent mais finalement, non.
Donc lever à six heures et demie le matin, embouteillages à perte de vue et le dos en forme de siège de voiture !

Vous vous en moquez totalement et vous avez bien raison : vous êtes en bord de mer, les vagues lèchent vos doigts de pied, la vie est belle sous le parasol, sur le matelas, à 5 mètres du bar de la plage et du barman qui vous fait un signe et vous demande si le Campari, c'est avec glaçons ou sans !
(Moi, j'aime avec glaçons et beaucoup de jus d'orange !)

Et quand j'ai ôté ma casquette de Super Chauffeur, je fais quoi ?
Je mets mes lunettes d'Hemingway et je fais écrivain ! En me bourrant de café.
Et le soir ?
Je fais Mamie qui roule dans son lit, épuisée, et cherche le bout de drap frais pour fuir la canicule.
Vous vous en moquez toujours et vous avez encore raison.
Ce que je vous raconte n'a aucun intérêt, j'ai deux neurones dans la tête et il faut que je la penche pour qu'ils se connectent ! TOUTE mon énergie, je la réserve à mon nouveau métier de chauffeur et au livre.

Pour le reste, c'est tout juste si je me souviens à quel étage j'habite et si les pâtes, on les fait cuire dans une poêle avec de l'huile ou dans l'eau bouillante !
Parfois, j'hésite et ça fait de drôles de choses cramées, qui craquent sous la dent.
Alors j'ouvre un livre de cuisine et cherche la recette des pâtes à l'eau.

Voilà. Ne m'en veuillez pas si je ne suis pas brillante.
Si vous ronflez d'ennui...
C'est ma casquette de chauffeur qui me serre un peu la tête !

Semana horribila !

Semana horribila ! Résultats d'examinas et de concouras pour les candidats ! Et nerfs à couper au coutelas de la mama qui se malaxe les nerfs pas sympathicas du tout ! Je suis un peu gaga, remercie les dieux Incas et multiplie les B.A ! MON FILS EST PRIS PARTOUT ! Ouf ! je redeviens normale et oublie les ah ! ah ! ah !

Mais que d'angoisses avant d'en arriver là ! C'est terrible, cette période de résultats d'examens. On guette Internet, on tripote le courrier, on arrête de respirer, on fait le film à l'endroit, à l'envers, il est pris, il est pas pris, il va là ou ailleurs, je le console, je le félicite, je masque ma triste mine ou je m'esbaubis.

Je trouve ça hallucinant ! On n'est plus des parents, on est des guerriers ! Les plus armés, les plus roués, les plus impitoyables l'emportent. C'est une lutte au couteau chez les géniteurs (qui accumulent les bons tuyaux en ne les communiquant à PERSONNE) et chez les candidats qui s'épient et se jaugent en remplissant leurs copies. Mon fils (plutôt cool Raoul et prêt à partager ses bons tuyaux !) me racontait que, dans les salles d'examen, chacun se surveille, joue le "je sais tout", adopte des mines de gladiateur heureux juste pour déstabiliser les autres. Certains parents accompagnent leurs rejetons jusque dans les salles d'examens et les attendent, agglutinés à la porte avec boissons vitaminées et serviettes-éponges.

Le système devient absurde. C'est la ruée vers les bonnes prépas, les bonnes écoles, les bons établissements. Le mot d'ordre chuchoté, jamais prononcé, étant : tout sauf la fac ! Mais personne ne le dit. On prétend même le contraire. Mais oui, ma bonne dame, il y a des cursus formidables à l'université. Oui, mais comme par hasard Balthazar, ceux-là sont faits avec sélection à l'entrée. Sélection, l'horrible mot. Le mot qu'on ne doit pas prononcer. Résultat : les facs délivrent des diplômes pas considérés par les entreprises, ce qui explique le nombre de jeunes au chômage avec Bac+6,7,8 ! Si vous voulez avoir un bon diplôme avec boulot à la sortie, vous devez viser haut. Dans les écoles dites "grandes". Où l'on rame comme un galérien galeux pour entrer !

Et là encore, c'est la jungle. Quels sont les bonnes prépas, les bons IEP, les bonnes écoles de commerce, les bonnes écoles d'ingénieurs ? Pourquoi cet IEP de province est bon et l'autre pas ? Mystère et boule de gomme. Il y a des classements qu'on se refile sous le manteau. Il y a surtout très peu de places.

Et je ne parle pas de Normale Sup ou de l'agrégation. Là on les compte sur les doigts de deux mains, les heureux reçus ! Sur des milliers de candidats qui se présentent.

Et qu'est ce qu'il faut faire pour que l'enfant soit prêt ? Payer des cours particuliers, engager quelqu'un qui va monter des dossiers administratifs (la jungle !), acheter des tonnes de livres, se tenir au courant de tout, etc. C'est un boulot à plein temps. Il y a des mères qui ne font que ça. Ont des fiches, des classeurs, des numéros de répétiteurs qu'elles gardent jalousement.
Hypocrisie d'un système qui se dit démocratique et ouvert à tous et qui privilégie soit les enfants favorisés soit les enfants de profs (les parents sont au parfum !).

Alors, OK, mon fils est pris, partout. Mais je suis en colère pour tous les autres. Tous ceux qui n'ont pas la chance d'être préparés aux petits oignons.
Bien sûr, il y a des exceptions. Comme partout. Et heureusement ! Mais si peu, comparées au nombre d'étudiants qui se pressent dans les salles d'examens.

Bon, c'était mon coup de colère, mais il faut dire que cela fait un moment que ça me turlupine, cette histoire ! Alors quand j'entends qu'on va plus ou moins continuer à ignorer le problème, à considérer le mot "sélection" comme un gros mot et à perpétuer ce leurre imbécile de tous égaux, tous capables, tous brillants, je me dis que nos "petits" ne sont pas sortis de l'auberge !

Pas étonnant que l'on trouve tant de Français dans les facs étrangères. Où il y a examens et sélection. Où, in fine, les diplômes veulent dire quelque chose...

Sinon...
Je me calme, je prends un grand bol d'air et j'avoue...
Pas grand-chose !
J'ai fini la quatrième partie du livre et attaque la cinquième (et dernière).
Encore un bon mois de sueur sur l'ordinateur et je pourrais écrire le mot FIN.
Et tout reprendre ! Pour couper et couper. Et enfin, délivrer le manuscrit à l'éditeur qui doit se demander si je ne me tricote pas de grands pulls en mohair au lieu de travailler !

À vous tous qui partez vous allonger, enduits d'huile solaire, sur les plages, ou crapahuter en pataugas dans les alpages, je souhaite de bonnes vacances et vous donnerai des nouvelles de la ville sous la canicule ou sous la pluie !

Promenons-nous dans les bois...

Hier soir, sur Arte, j'ai vu "Lady Chatterley et l'homme des bois", la deuxième version du roman "Lady Chatterley" (je ne savais pas qu'il y avait eu plusieurs versions, la dernière étant celle que tout le monde connaît). Que c'est beau ! Mais que c'est beau ! Cette femme, la metteuse en scène, Pascale Ferran, est vraiment une enchanteresse. Elle mérite sa pluie de Césars 2007. Et Marina Hands, l'actrice, est magnifique. Elle change tout le long du film, palpite, grandit, fait vibrer l'image. Et l'amant, Jean-Louis Coulloc'h, l'accompagne et l'enveloppe avec une mâle grâce. Il a un côté mi-Oliver Reed, mi-Marlon Brando. Et Hyppolite Girardot, tout en retenue et en colère ! Oh la la ! Vive le cinéma quand il est comme ça !
Si vous l'avez raté à la télé, courez l'acheter en DVD. Ensuite, vous vous faîtes un bon thé, vous vous enroulez sur un vieux canapé, vous posez votre vieux chat ou votre vieux chien arthritique en tapon sur vos pieds, vous coupez le téléphone et vous vous enfoncez dans un plaisir inouï. Il n'y a pas de bande son envahissante, que le bruit des arbres, de la pluie, de la campagne anglaise, du feu de cheminée et des tasses de thé qui s'entrechoquent. Pas de bruits de baisers chuintants et baveux. Pas d'effets d'écran divisé en vignettes qui éclatent la tête. Une manière tellement belle et stylée de filmer. Chaque plan est un tableau qu'on pourrait regarder au Louvre et non, ce n'est pas mortellement ennuyeux. Ça vous prend aux tripes. C'était la version longue (3 heures et demie) et elle m'a paru brève.

Je l'ai regardée avec une copine qui arrivait de New York et qui m'a dit que le film avait des critiques dithyrambiques dans la presse new-yorkaise. C'est sûr que ça doit les changer d'Océan 13 et de Matrix 6. On riait en regardant le film, surtout les scènes d'amour, et on se disait que pour les Américains, ce devait être un film de science fiction !

Elle me racontait qu'à Hollywood, c'étaient les acteurs français qui jouaient maintenant les méchants dans les films. Dès qu'il y a un rôle de traître, d'abominable salaud, de pleutre éhonté, on lui donne un nom français et on confie le rôle à un Frenchie (Lambert Wilson, Vincent Cassel, Saïd Tagmaoui) ! À tel point qu'un animateur de talk-show (un de ces talk show de la nuit) s'est énervé et a fait un long édito pour défendre la France ! Il a dressé toute une liste de raisons pour lesquelles il fallait respecter la France (le système de protection sociale, les hôpitaux, l'éducation à portée de toutes les bourses, Paris, le fromage, le vin etc...) et a terminé en disant "et ils ont eu bien raison pour l'Irak". Non mais !

"Les yeux jaunes des crocodiles" poursuivent leur lente reptation dans le classement des poches !
Ils sont maintenant 6ème et je vous félicite !

Et la suite avance à la vitesse d'une petite tortue ! Avec obstination, méticulosité et gourmandise. J'ai franchi la page 600, hier, alors préparez-vous : achetez des haltères et musclez vous les bras. Ou prévoyez trois semaines de vacances pour engloutir le pavé ! Car la fin est encore à une deux centaines (on dit ça ?) de pages ! Alors Courage !
L'été promet d'être studieux. Le seul ciel bleu que je vais entrevoir sera le fond d'écran de mon ordinateur, je pense !

Allez, j'y retourne !

Vivons heureux, vivons cachés !

Alors cette semaine, dans Paris Match... il y a une interview d'Ophélie Winter faite par moi. Je vous le dis parce qu'après, vous allez m'écrire en rouspétant parce que je ne vous dis pas quand je mets le nez dehors !

Donc, un soir où j'avais mis le nez dehors et que j'étais dans un restaurant avec une amie à deviser de la vie, de l'amour et des soldes, une blonde apparition débarque à notre table: Ophélie Winter.

Elle se présente (je la connaissais de nom), me dis qu'elle aime bien ce que j'écris (je la remercie) et de fil en aiguille, on commence à parler.

Moi, s'il y a un truc que je déteste dans la vie, c'est avoir des préjugés.
Genre blonde = idiote et Ophélie Winter = pétasse. Je déteste ça au point de me mettre en colère quand j'entends ce genre de raccourci et de prendre aussitôt la défense de l'opprimée ! Dès que j'ai une idée reçue qui me vient en tête, je la piétine rageusement et la mets à la poubelle. J'aime bien me faire mon jugement par moi-même et ne pas enfourcher le même dada que tous les autres. À priori, Ophélie Winter, ce n'est pas ma tasse de thé, mais j'avais envie d'aller voir ce qui se cachait derrière cette blonde peroxydée.

On se revoit, on se reparle, elle me raconte sa vie et me tend des Kleenex pour éponger mes larmes tellement sa destinée est tissée de malheurs, me console en me disant que ce n'est pas grave, qu'elle a l'habitude et qu'elle survivra !
Je lui souhaite une accalmie dans sa tempête d'infortunes diverses (elle se présente dans toutes les catégories) et nous nous séparons.

Là dessus : elle est arrêtée par la police pour une histoire de drogue.
Je la questionne, elle me dit qu'elle a juste utilisé l'homme incriminé comme taxi (pour économiser le prix de la course : 400 euros) mais qu'elle n'est ni dealeuse ni droguée. Qu'elle n'a pas toujours été clean, bien sûr, mais bon...comme tout ce monde du show biz qui pique du nez sur la table (vous filez la métaphore ?).

Et de fil en aiguille, on a fait l'interview pour Match. Après avoir beaucoup parlé, beaucoup fouillé, et moi, beaucoup compati !
Oh la vie d'Ophélie ! Dickens, Zola et Hector Malot n'y suffiraient pas ! Vous me donnez cent millions de dollars que je ne la prends pas !
Elle le sait, en plus.
Mais elle fait avec. Bien obligée...
Car, c'est toujours la même chose : entre le poster de la fille qui paraît trop plastique pour être vraie et la réalité, la blonde en face de moi accoudée sur sa boîte de Kleenex, il y a un océan, que dis-je, un pic, une péninsule !

Un océan de malentendus, de clichés, de brutalité, de voracité, de négligences des uns et des autres, de paresse de l'intéressée qui se laisse faire, se laisse manipuler et se retrouve promue "blonde à gros nichons". C'est comme ça qu'elle s'appelle, elle-même.
La tragédie de la lucidité. La tragédie d'une fille à fleur de peau qui habite un costume pas fait pour elle et se prend des coups sans répit. Et réagit en disant "ça va très bien, merci".

Que c'est horrible, ces vies de star de magazine ! D'idoles en papier qu'on brûle et qu'on ravive, qu'on foule et qu'on adore ! Parce qu'on ne sait même plus ce qu'elle fait, Ophélie, en fin de compte : elle chante, elle danse, elle joue la comédie, elle présente une émission à la télé, elle sort avec qui déjà ? Ou tout à la fois, peut-être ?

Elle est surtout une petite fille qu'on a mise sur les planches à six ans et à qui on a dit "chante" pour faire bouillir la marmite de la famille. Elle voulait être avocat. Mais elle a chanté.
Comme Judy Garland, par exemple.
Sauf qu'Ophélie, elle n'a pas rencontré Vincente Minnelli...

Madame de Sévigné à l'Audimat !

Oh la la ! et si je vous disais que je n'ai plus rien à raconter. Que j'ai la tête, les bras, le tronc aspirés par le livre et que je disparais dans le grand univers fictif ! Au secours !


Ce n'est pas un livre que j'écris, c'est un aspirateur qui m'avale tout entière.


La vie se décolore autour du livre. Tout me pèse qui n'est pas lui.


Alors l'actualité ! Pfffft ! Je m'en balance..


Pour mieux sauter à pied joints dans le livre. Encore et encore ! je lui dis en le quittant le soir, encore et encore quand je relance l'ordinateur le matin, encore et encore et si le monde s'écroule, je ne l'entendrai pas, c'est sûr !


C'est toujours un peu comme ça, mais là, avec ce livre-ci, ça devient terrible. C'est comme un ogre qui me mange et je bats des sandalettes pour ne pas disparaître dans sa gueule ouverte.


Ah ! si… je voulais vous dire : parfois je vous réponds et le message me revient avec un message "Mail impossible à délivrer" ! et j'essaie, je m'échine, je trime, mais toujours le mail me revient, alors ne m'en voulez pas si je ne vous réponds pas. Moi, je les envoie, mes mails de réponse, mais c'est votre serveur qui ne veut pas les entreposer… Ça m'est arrivé plusieurs fois, ces derniers jours et toujours avec des serveurs différents !


Sinon… rien !


Et toujours rien !


Et je suis bien désolée de tout ce rien.


Je voudrais avoir plein de choses magnifiques à vous raconter et … rien !


Peut-être que ça ira mieux la semaine prochaine, que j'aurai un truc incroyable à vous narrer, un truc que je vous distillerai comme la Marquise de Sévigné; vous connaissez cette fameuse lettre où elle fait monter le suspense : "je vous le donne en dix, je vous le donne en cent, je vous le donne en mille !" jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus, et que, tout haletant, on se précipite à la fin de la lettre pour apprendre le projet de mariage entre le duc de Lauzun et la grande Mademoiselle, mariage qui n'aura jamais lieu à cause de l'orgueil démesuré des protagonistes et de la maladresse vaniteuse du fiancé…


C'était déjà, sous la Marquise, le phénomène des feuilletons dont on raffole, mais sans les caméras de télé et à Versailles !


Voilà, peut-être que la semaine prochaine, je pourrais me la jouer Marquise de Sévigné !


En attendant, je retourne… travailler !