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Blog de Katherine Pancol

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Danielle Darrieux est partie ce matin

Un soir où le hasard m'avait placée à côté d'elle à un dîner parisien (elle devait avoir 70 ans), je lui avais récité à l'oreille les dialogues de la fameuse scène de "Madame de…" de Max Ophüls où, fiévreuse, tremblante, appuyée contre la porte, elle murmure à l'amoureux qu'elle doit fuir puisqu'elle est mariée à Charles Boyer qui ne plaisante pas, "je ne vous aime pas, je ne vous aime pas", elle avait penché la tête vers moi et chuchoté, "moi, je m'en fiche mais pouvez-vous le dire un peu plus fort que mon ami l'entende ?" Son ami avait 20 ans de moins qu'elle et il ne savait peut-être pas à quel point elle était cette actrice magnifique qui éblouissait hommes ET femmes dès qu'elle apparaissait à l'écran pour enfiler un gant, déposer un baiser, une colère, une moue frondeuse, coléreuse, friponne…

Rencontrons-nous !

On va bien sûr se rencontrer pour Trois baisers, mais aussi pour la pièce Un homme à distance, jouée par Christelle Reboul et Nicolas Vaude, mise en scène par Didier Long. Je vais les accompagner à certaines dates !
Alors retrouvons-nous toutes et tous en librairie, en bord de scène ou en médiathèque !

Ballan-Miré le 6 octobre
Dédicace de 19h à 21h à La Parenthèse, puis représentation d'Un homme à distance à 21h.

Drancy le 7 octobre
Dédicace de 18h à 20h à la Médiathèque Georges Brassens, puis représentation d'Un homme à distance à 20h30.

Bourg-en-Bresse le 8 octobre
Dédicace à la librairie du Théâtre dans le cadre du Salon du Livre d'Attignat.

Paris le 11 octobre
Dédicace à 17h30 à la librairie Albin Michel.

Pouzauges le 12 octobre
Dédicace de 18h à 20h à la Salle de cinéma de l'Échiquier, puis représentation d'Un homme à distance à 20h30.

Neuilly-sur-Seine le 13 octobre
Dédicace à 18h à la librairie du Roule.

Franconville le 14 octobre
Dédicace de 16h à 18h à la Médiathèque Saint-Exupéry, puis représentation d'Un homme à distance à 21h.

Rambouillet le 15 octobre
Dédicace dans le cadre du salon du livre.

Lille le 17 octobre
Dédicace à 17h à la Fnac.

Orléans le 8 novembre
Dédicace à 17h à la librairie Nouvelle d'Orléans.

Brive-la-Gaillarde du 10 au 12 novembre
Dédicace dans le cadre de la Foire du Livre.

Bordeaux le 15 novembre
Dédicace à 17h à la librairie Mollat.

Pessac le 16 novembre
Dédicace à 19h30 à la Médiathèque Jacques Ellul.

Mulhouse le 21 novembre
Dédicace à 20h à la librairie 47° Nord.

Strasbourg le 22 novembre
Dédicace à 17h à la librairie Kléber.

Le Plessis Robinson le 25 novembre
Dédicace de 16h à 18h à la Médiathèque Jean d'Ormesson, puis représentation d'Un homme à distance à 20h30.

Amiens le 28 novembre
Dédicace à 18h à la librairie Martelle.

Rennes le 1er décembre
Dédicace à 17h à la librairie La Nuit des Temps.

Nantes le 2 décembre
Dédicace à 15h à la librairie Durance.

La Baule le 3 décembre
Dédicace à 15h dans le cadre du Rendez-vous des écrivains.

Vienne le 6 décembre
Dédicace à 17h à la librairie Lucioles.

Lyon le 7 décembre
Dédicace à 17h à la librairie Decitre Part-Dieu.

Romont le 9 décembre
Dédicace de 17h à 19h à Bicubic, puis représentation d'Un homme à distance à 20h.

Angoulême le 13 décembre
Dédicace à la librairie Cosmopolite.

Toulouse le 15 décembre
Dédicace à la librairie Privat.

Paris le 16 décembre
Dédicace à 13h au BHV Marais.

Reims le 19 décembre
Dédicace à la librairie Guerlin.

Au revoir Sucre, bonjour la Paz !

Si Sucre est douce et sucrée comme un verre de lait chaud au miel, La Paz vibre, vrombit, bouillonne.

À 4000 mètres d'altitude, un premier étage, el Alto, gigantesque quartier d'un million d'habitants où la police ne va plus, où les juges prennent la poudre d'escampette, où les feux rouges ont cessé de clignoter. Dans la "zone rouge", le soir, de longues files d'hommes attendent devant les bordels. Trafics de femmes, d'enfants, de drogues. 800 mètres plus bas, reliée par un téléphérique, une autre ville, 1 million d'habitants aussi. Le La Paz des bonnes gens, des échoppes, des hôtels, des ambassades. Vieilles maisons jetées en vrac au pied de gratte-ciel qui poussent au coude à coude pour mordre le soleil. Ça grouille, ça klaxonne, ça cahote, les fils électriques roulent en boules le long des façades. Les rues montent, descendent. On se tient le cœur, les côtes, on racle ses poumons. Le touriste ressemble à un poisson tombé hors du bocal. Il y a si peu d'oxygène que les incendies s'éteignent tout seuls. Une seule caserne pour toute la ville !

 

 

Les vendeurs de fruits et légumes s'étalent à même le sol. De vieilles maisons hissent leurs façades colorées pour se faire remarquer avant qu'on les décapite. Des fœtus de lamas séchés pendent dans les boutiques (de 50 à 250 euros le fœtus porte-bonheur). Des chulitas se pavanent en robes irisées. Ces campesinas fréquentent des écoles de mode traditionnelle et se promènent, fières de leurs tenues. Les cireurs de chaussures portent un masque sur le visage. Ils ne veulent pas qu'on les reconnaisse. Cireur de chaussures, c'est la honte. Pendant ce temps, les joueurs d'échecs se concentrent sous le regard des amateurs.

  

  

On trouve de tout à la Paz. Des chapeaux melons qui téléphonent, des tresses noires qui méditent, un restaurant trois étoiles, le Ali Pacha, à l'angle de Colon et de Potosi. Un vrai régal.

 

C'est mon dernier jour et je lambine. Hier soir, à la dernière conférence de presse, une journaliste argentine s'est levée et a dit : "saviez-vous que dans mon pays, une femme meurt sous les coups de son compagnon toutes les 18 heures ?". Il y a eu un grand silence dans l'assistance. Peut-être que cette campagne lancée par le gouvernement bolivien, soutenue par mes Muchachas, éveillera les consciences dans toute l'Amérique du Sud. Jésus seul le sait ! comme ils disent ici.

 

Baisers soucrés !

Arrivée à Sucre (prononcer Soucré), la plus belle ville de Bolivie : une pièce montée, choux à la crème et Chantilly, délicatement posée à 2800 mètres d'altitude. Les maisons sont blanches. Les rues, droites, propres. Les arcades, les places et les églises, bien ordonnées. C'est beau comme des images. On tend le doigt pour manger un bout de porte ou de fenêtre. Et un morceau de toit au caramel.

Ce sont les riches propriétaires des mines d'étain et d'argent de Potosi qui, au XVIIIème siècle, construisirent la ville. Incommodés par les odeurs, la poussière, les morts et les éboulements survenus dans les mines, ils partirent plus loin fonder Sucre ou "la ville blanche", interdisant aux Indiens d'y pénétrer.

Aujourd'hui, Sucre est une ville de 300.000 habitants, coquette, indolente. Une ville faite pour se promener, se pavaner, dodeliner, s'exclamer, aller se régaler chez Papavero, un restaurant au 3ème étage de la calle Estudiantes et de la Plaza 25 de Mayo. Dormir à l'hostal de Su Merced, (46 euros la nuit, 82 euros pour la suite royale, vraiment royale). Ou poser son sac à la Senelita chez Coline et Arthur, deux jeunes Français muy sympaticos qui louent des bungalows (47 euros la nuit) avec vue plongeante sur la ville et terrasse en espaliers. Maravilloso.
Ils habitent Sucre depuis un an, en connaissent toutes les merveilles : le désert de sel, la vallée des dinosaures, les cascades, les cratères de lave séchée, les petites chapelles coloniales.

À Sucre, il y a même une réplique de la Tour Eiffel, dessinée par Eiffel lui-même.

Mais patatras ! Le temps a viré au gris, aux gouttelettes de pluie. Le blanc s'éteint, les palmiers grelottent et je garde les photos dans ma poche. Les gens sur le pas de leur porte se lamentent et crient à la dépression. Ils ne sont pas habitués à Sucre qu'on leur sucre le soleil !